Commentaire descriptif de l'édifice
Isolé au sud du village de Penneac’h et naturellement protégé des vents du nord, Pors Loubous était également appelé par les vieux marins « ar ganol » (le chenal) (Y. NORMANT, 2014). En effet, avant la construction des premiers aménagements, l’abri consistait en une passe naturelle ouverte entre la terre ferme et un gros rocher situé à une dizaine de mètres du rivage.Les bâtisseurs de Pors Loubous ont pris en compte cette configuration du terrain et, pour sécuriser l’amarrage des canots, ont érigé deux brises lames à l’ouest et au sud fermant ainsi la passe. L’abri est donc composé de deux portions de digues abritant les embarcations des vagues du sud et de l’ouest. Cependant, malgré deux chaines traversières installées pour amarrer solidement des canots bord à bord, les tempêtes et les grandes marées risquent toujours de provoquer de gros dégâts. C’est pourquoi un treuil a également été installé en cas de mauvais temps pour hisser les embarcations sur un plateau naturel situé plusieurs mètres au-dessus du port. Sur ce plateau, ont été positionnées plusieurs cabanes. La plupart d’entre elles permettent aux pêcheurs d’entreposer leurs casiers et matériel, une autre, plus importante abrite un treuil moderne.La crique de Pors Loubous possède dans sa partie ouest une zone appelée « fesou bagou braz » (mouillage des grands bateaux) abritée des vents de terre et proposant un fond de sable où s’accrochent parfaitement les ancres. Cette zone était très prisée des langoustiers qui l’utilisaient pour passer une nuit de repos, pour débarquer leur équipage ou pour se réapprovisionner en eau douce à la petite fontaine située sur la falaise à 300 mètres environ vers l’ouest du port et toujours visible aujourd’hui.Depuis longtemps, Pors Loubous a été un site particulièrement apprécié pour la récolte du goémon. Quelques vestiges de cette pratique sont encore visibles en 2019 : Au fond de l’anse, sur la crête des falaises nord et est, disparaissent petit à petit d’anciens murs de soutènement destinés à créer des surfaces planes nécessaires au levage des algues récoltées dans la grève. Le mur nord est accompagné de deux types de pierres dressées qui avaient chacune leur fonction propre. Celles qui se trouvent au bord de la falaise, larges et plates, empêchaient les algues de retomber une fois levées alors que d’autres, plus en retrait et de forme trapue avec un sillon horizontal sur leur partie haute, servaient à la fixation des mats de levage (3 emplacements sont visibles aujourd’hui).Le goémon servait à amender les parcelles cultivées mais était également brulé dans des fours en pierres pour obtenir des « pains de soude » vendu à l’usine d’Audierne. Plusieurs de ces fours ont disparu avec la création de la route, mais deux ont été observés en 2019, l’un au nord du port, au bord de la route, l’autre isolé dans la lande, vers l’est.