Description historique
Ce château littoral, stratégiquement et symboliquement le plus important du Delà des Monts est considéré comme le château éponyme des familles seigneuriales possessionnées dans le sud de l'île (des seigneurs de Leca à ceux de la Rocca, tous se qualifient de "Cinarchesi"). Les traditions médiévales, rapportées par les chroniqueurs, notamment Giovanni della Grossa au milieu du XVe siècle, donnaient une origine très ancienne au château (tout début du IXe siècle) et lassociaient à lépopée de chevaliers romains, Ugo Colonna et son fils Cinarca, héros d'une "reconquista" sur les Maures, doù la forte charge symbolique attachée à ce château dont la possession conférait une réelle prééminence sur les autres Cinarchesi. Si l'absence de travaux archéologiques sur le site ne permet pas de confirmer cette origine médiévale, une proposition de fondation au milieu du Xe siècle, comme la plupart des castelli insulaires, peut être avancée. Ce château fait lobjet de nombreuses mentions dans les récits des chroniqueurs. Il apparaît notamment lors des campagnes militaires génoises de la fin du XIIIe siècle et en 1358, date à laquelle il est épargné pour servir de siège de justice alors que se propage dans toute l'île une révolte antiseigneuriale qui entraîne la destruction de nombreuses forteresses privées. Si on constate une fréquence plus grande doccupation du site par les seigneurs de Leca au milieu du XVe siècle, des chefs de guerre issus de la maison de la Rocca ou de celle d'Istria ont épisodiquement possédé le château ainsi que des patriciens génois agissant pour le compte de Gênes (les Doria, les Fregosi, les Lomellini). L'Office de Saint-Georges a aussi installé des garnisons dans le château en l'absence de point dappui permanent sur la côte ouest entre Calvi et Bonifacio. Il en est ainsi à la fin de 1454 suite au siège dont est victime Raffè da Leca avant de devoir abandonner la forteresse à l'Office. Retombé un moment entre les mains de la famille da Leca, il est repris en 1487 au cours de la répression antiseigneuriale menée par l'Office qui décide finalement de le détruire en 1494.