Description historique
Un missel de l'abbaye de Granselve date le début de la construction de l'église du 15 octobre 1290. De nombreux doutes subsistent sur l'époque de construction ; Dany Couger-Rullier pense qu'elle est plus tardive et M. Rumeau qu'elle est plus ancienne, car d'après une lettre patente de 1296, l'abbaye de Grandselve doit fournir 50 livres par an pour les réparations de l'église, ce qui selon lui laisse supposer qu'il y avait déjà une église à Grenade. L'édifice semble en tout cas terminé en 1400 car d'après plusieurs actes notariés l'abbé de Grandselve prend possession de l'église dans la chapelle Saint-Bernard le 2 février 1400/1.£Les chapelles nord commencent à être édifiées vers 1334 : des lettres patentes de 1334 émanant du roi donnent l'autorisation de déborder sur la voie pour édifier les chapelles nord.£D'après un texte de 1395, huit chapelles latérales sont déjà construites cette année-là.£Le clocher est pour sa part édifié entre 1405 et 1454, d'après des actes de donations. La chapelle du purgatoire est commandée en 1454 par Giles de Morban, abbé de Grandselve. Il n'y a pas de mentions d'autres modifications importantes au 15e siècle.£Il semble que le chevet possédait des ouvertures à l'origine, mais elles sont bouchées en 1635 par la mise en place d'un retable sur le mur oriental.£L'église a aussi subi de nombreuses reprises de son élévation en raison de faiblesses dans le voûtement. En juin 1693, d'après les registres consulaires, suite à des pluies torrentielles, la charpente s'écroule entraînant une partie des voûtes de la nef, la première colonne sud et l'orgue situé à l'ouest de l'édifice. Des travaux de consolidation des voûtes sont entrepris, cependant, l'édifice s'écroule à nouveau au même endroit en avril 1716. En 1779, c'est la chapelle de l'Annociation qui est détruite et en 1791 la chapelle Saint-Eloi s'effondre, entraînée par la chute de la toiture. A partir du 18e siècle, les registres consulaires, mentionnent régulièrement des travaux de réfection des toitures.£A l'époque révolutionnaire, un arrêté du conseil municipal de décembre 1793, décide de rassembler toutes les statues de l'édifice afin de les brûler sur la place publique et de détruire les cloches. Il est aussi mentionné que des annexes de l'église et la chapelle Saint-Bernard, qui se trouve dans le cimetière communal, soient détruites.£Au 19e, dans une lettre adressée à l'archevêque les fabriciens demandent d'assainir l'édifice : ils font venir un peintre décorateur qui doit piqueter et enduire les murs, les voûtes et les colonnes.£En 1878, une autorisation préfectorale permet d'engager des travaux d'embellissement du portail, qui était resté inachevé, dans le but de demander le classement de l'édifice. L'église est effectivement classée au titre des monuments historiques le 10 août 1951.