Commentaire descriptif de l'édifice
Le Moulin Neuf est situé au nord-est de la commune de Roquelaure, au bord de la route menant du village de Roquelaure au hameau de Gaudoux (commune de Preignan). Caractéristique peu courante, la voie communale passe sur l’un des éléments constitutifs du moulin, les chambres d’eau.£Le moulin est implanté sur un canal de dérivation, dans un méandre du Gers. Le canal est orienté sud-nord (amont au sud) et le moulin est-ouest. L’ensemble est composé de trois bâtiments, le moulin (au nord de la route) et deux annexes (au sud), et de nombreux aménagements hydrauliques (ponts, canaux, déversoir, vannes).£Le moulin présente un plan allongé d’axe est-ouest, avec un retour en équerre à l’est créant deux décrochements successifs au nord. Le moulin comporte un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé, un étage et un comble à surcroît. L’extrémité nord de l’aile orientale ne possède pas d’étage, et l’étage de soubassement ne se prolonge pas de ce côté. Parmi les baies les plus notables des différentes élévations du moulin, il faut noter la porte couverte d’un arc en anse de panier au rez-de-chaussée de la façade sud, ainsi que les deux hautes fenêtres du rez-de-chaussée surélevé de l’élévation nord, et les oculi en pierre de taille des façades sud et nord.£L’étage de soubassement accueille principalement les passages d’eau et les puits où se trouvent les rouets (petites roues horizontales). Le moulin compte quatre passages d’eau, pour les quatre puits, ainsi qu’une vanne supplémentaire pour le délestage (les passages d’eau et les meules sont numérotés d’est en ouest). Du côté nord, les passages d’eau présentent tous des arcs en plein-cintre, mais de dimensions variables. Ils sont couverts de voûtes en berceau bâties en partie en pierre de taille et en partie en moellon. Des reprises en béton sont à noter. Le passage destiné au délestage est le mieux conservé, ou du moins le seul où le fond en dalles de pierre de taille est visible. Les troisième et cinquième passages présentent la particularité de conserver, en partie haute, des ouvertures de part et d’autre semblant rejoindre la salle des meules. Elles sont en partie obturées et aucune trace n’est visible au sol de la salle des meules. Leurs dimensions semblent trop faibles pour permettre le passage d’un homme. Leur fonction est indéterminée (simples regards ?). Les puits sont quadrangulaires en partie supérieure et cylindriques en dessous. Ils sont bâtis en moellon pour la partie quadrangulaire et en pierre de taille et briques pour la partie circulaire.£La salle des meules occupe l’essentiel du rez-de-chaussée de la partie ouest du bâtiment, perpendiculaire au cours d’eau. Un large arc en anse de panier sépare la salle en deux espaces, entre la première et la deuxième meule, à l’emplacement probable du mur initial du moulin avant son agrandissement. Le moulin compte quatre emplacements de meules. Ceux situés aux extrémités ont perdu leur meule tournante mais les deux autres ont conservé leurs meules dormantes et tournantes. Seul le quatrième emplacement a perdu sa chèvre, ou potence à lever. Une chèvre commune pour les deuxième et troisième meules est conservée. Elle passait de l’une à l’autre grâce à un rail. La trémie de la troisième meule est toujours en place. Un système de plusieurs renvois de la force motrice a été aménagé sur la quatrième meule et dans la petite salle à l’ouest. Il permettait d’alimenter une scie implantée à l’extérieur du bâtiment, du côté ouest. De nombreuses trappes percées dans les plafonds des deux niveaux permettaient le passage des grains, ainsi qu’un tuyau en bois conservé dans la petite salle ouest. La partie habitation occupe le reste de l’édifice : l’ensemble de l’aile orientale et l’étage au-dessus de la salle des meules.£Le bâtiment est construit en moellon de calcaire, sauf l’angle sud-est qui est constitué d’un étage en pan-de-bois reposant sur des piliers maçonnés en pierre de taille formant un porche. Le hourdis du pan-de-bois est en brique. L’étage de soubassement est majoritairement bâti en moyen appareil. Les murs de la partie ouest du moulin sont couverts d’un enduit dont la partie supérieure est soulignée par une bande blanche. Les pierres de taille (encadrements des baies, oculi et chaines d’angles) sont laissées apparentes. Les toits à longs pans et croupes sont couverts de tuiles creuses. Les avant-toits sont fermés par des génoises à deux rangs. Sur la partie ouest, la génoise inférieure est inversée tandis que sur la partie orientale les deux génoises sont dans le même sens.£Le petit bâtiment annexe, au sud-est du moulin, est un fournil. Il ne comporte qu’un rez-de-chaussée. Il est bâti en moellon et le toit à longs pans est couvert de tuiles plates mécaniques. Le second bâtiment annexe est situé à l’est du moulin. Il s’agit d’une étable surmontée d’un fenil et bordée par un hangar bâti pour l’essentiel sur poteaux de bois. Les toits à longs pans et à un pan sont couverts de tuiles creuses.£De l’ensemble des canaux qui traversaient le site, ne subsiste que le canal principal de dérivation alimentant le moulin, et un canal de délestage à l’ouest. La route longe la façade sud du moulin et traverse donc le canal d’amenée d’eau par un pont. Ce pont comporte trois arches en plein-cintre. Il est doté de becs en amont et est bâti pour l’essentiel en pierre de taille. Le tablier du pont a fait l’objet de plusieurs rénovations au fil des siècles qui lui ont fait perdre son caractère initial, notamment au niveau du parapet. Il présente un état de conservation préoccupant. Un second pont en pierre, comportant aussi trois arches en plein-cintre, est situé sur le cours principal du Gers, au nord-est de l’ensemble. Le tablier a lui aussi été rebâti à plusieurs reprises.£Sur le cours principal du Gers, des vannes sont conservées bien que le déversoir ait été détruit. Il s’agit de trois piliers maçonnés en pierre de taille accueillant deux vannes qui semblent en place bien que le terrain ait été remodelé. Les vestiges des tuyaux et du bélier qui permettaient de monter l’eau de la rivière jusqu’au château de la Testère (commune de Preignan) sont encore visibles sur la rive droite du Gers.