Commentaire descriptif de l'édifice
L´église fut construite au Sud de l´ensemble monastique, le cloître la bordait sur son flanc Nord et les différents bâtiments conventuels s´organisaient autour de celui-ci.Mélanie Cros, Enquête thématique régionale, 2006. L’ensemble abbatial ne nous est pas parvenu dans son intégralité. Une grande majorité de ses bâtiments conventuels ont été réédifiés au cours de la période moderne ou ont tout simplement disparu. Il ne reste aujourd’hui qu’une partie du cloitre et de la salle capitulaire, datés du XIIe siècle, ainsi que les édifices qui étaient réservés au chapelain et à l’abbesse, du XVIIe siècle. L’aspect originel du monastère est donc difficile à appréhender. Le site abbatial ne comporte aujourd’hui que quelques bâtiments conventuels, datant de la fin du Moyen Age et de la période moderne, et les ruines de l’église datées du XIIe et du XVIIe siècle. Des bâtiments abbatiaux, il ne reste que l’infirmerie, une partie du cloitre, un pavillon, le portail d’entrée, une ferme et un moulin. La chapelle Notre-Dame-sur-l’Eau, faisant partie du patrimoine de l’abbaye, n’est plus qu’une coquille vide et son état de conservation est préoccupant.L'infirmerie, formée d’un seul corps de bâtiment, en retour d’équerre sur le bâtiment principal, est construite en pierre et couvert d’ardoise. Aujourd’hui, elle abrite un Institut Médical d'Educatin-on. Le bâtiment comprenait un rez-de-chaussée, deux étages et des combles avec mansardes. Sa façade principale était orientée au sud, donnant sur un jardin. La façade nord a été modifiée depuis le départ des religieuses. Plusieurs petits corps de bâtiment ont été accolés à l’édifice principal. Ce bâtiment était constitué au rez-de-chaussée d'une cuisine à l’ouest, suivi d’un escalier et d’un cabinet. Vers l’est se trouvaient une pièce servant d’infirmerie, unc orridor la séparait de la salle servant de bûcher, au bout oriental. Le premier étage comprenait une chambre à l’ouest au-dessus de la cuisine et une autre pièce servant d’infirmerie à l’est, un corridor de dégagement à sa suite. Deux chambres pour l’infirmerie composaient le second étage. Un cabinet d’aisance se développait depuis le bas jusqu’en haut de l’édifice, faisant saillie sur la façade nord. Un jardin se développait au-devant de ce bâtiment et jusqu’à la façade occidentale du dortoir.Au sud de ce petit jardin se trouvait le cloître, formant un rectangle. L’aile orientale était enclavée dans le bâtiment principal; l’aile sud courait le long de la nef de l’église abbatiale. Les ailes du cloître étaient à l’origine formées d’arcades en plein cintre retombant sur des doubles colonnettes, une base d’arcade en témoigne : le départ des deux colonnettes est encore visible. Il est probable que ces colonnettes aient porté des chapiteaux. Bien que l’aile occidentale ait subsisté – occupée actuellement par le réfectoire de l’institut – les arcades aujourd’hui en place ont été largement modifiées au XVIIe siècle, sous l’abbatiat de Marguerite d’Angennes. Les arcades en plein cintre reposent alors sur des piliers carrés. Les galeries claustrales faisaient onze pieds de largeur, le sol était pavé de carreaux de terre cuite. Le cloître, placé au centre du complexe abbatial, permettait aux religieuses d’accéder au bâtiment principal. Elles empruntaient alors la porte de l’aile est qui menait directement à la salle du chapitre. Pour accéder à l’église abbatiale, le passage se faisait par la porte située au bout occidental de la nef. La galerie sud menait également au noviciat, situé contre la façade occidentale de la nef, comprenant une sacristie et un parloir. Une cour se trouvait de l’autre côté de l’aile ouest, utilisée par les domestiques et les ouvriers. Cette partie du cloitre était close mais une porte dans le coin nord-ouest en donnait l’accès. Un jardin occupait le centre du carré claustral.L’église abbatiale, présentant un plan en croix latine296, était enclavée entre le bâtiment principal et le cloître au nord, et le noviciat à l’ouest.Le pavillon s’appuyait sur le pignon occidental du noviciat aujourd’hui disparu. Il se composait d’un rez-de-chaussée et de deux étages. De plan carré, il mesurait 18 pieds de chaque côté. En-dessous de cet édifice se trouvait une cave qui se prolongeait le long de l’aile occidentale du cloître, jusqu’au milieu de celle-ci. Le rez-de-chaussée était composé d’un petit appartement servant de parloir et d’une cage d’escalier. Le premier étage comportait une chambre placée au-dessus du parloir et un corridor de dégagement pour communiquer aux greniers en entresol du bâtiment voisin, le noviciat. Une autre chambre composait le second étage, un corridor de dégagement conduisait aux deux chambres du noviciat. Deux fenêtres hautes ouvrent au nord, six au sud. Il a été édifié au XVIIe siècle, après le raccourcissement de la nef. Toujours visible aujourd’hui, il sert à présent de cuisine pour l’institut Il devait servir pour les pensionnaires. Vers l’ouest et à la suite du pavillon était un autre corps de logis, de la premièremoitié du XVe siècle. Construit en pierre et couvert d’ardoise, il faisait 24 pieds de largeur du nord au sud et 85 pieds de longueur de l’ouest à l’est. Du côté ouest de la porterie, au rez-de-chaussée, se trouvaient deux appartements dont l’un était divisé en deux par une cloison et servait de débarras. Du côté est se trouvait une autre pièce servant de saloir. L’abbesse aurait logé au premier étage. Celui-ci était composé à l’ouest d’une chambre et d’un cabinet. Ce dernier, précédé d’une antichambre, était utilisé comme parloir par l’abbesse. A la suite vers l’est, un petit cabinet, la chambre de l’abbesse et un autre petit cabinet. Les combles servaient de greniers. Le bâtiment a subsisté mais a subi certains changements. Le passage, qui permettait de passer dans la cour à l’intérieur du monastère, a été comblé d’un mur de pierre, une fenêtre y a été ensuite percée. Les deux fenêtres de chaque côté du portail sur la face sud ont été agrandies ; une autre a été ouverte au-dessus, empiétant sur l’arc brisé du portail, et deux portes ont été ajoutées à gauche et à droite du passage, celle à gauche portant sur son linteau la date de 1809. La façade occidentale possédait auparavant deux grandes fenêtres qui ont été obstruées par un mur en moyen appareil, une base de fenêtre est encore visible. Le portail d’entrée est formé d’un arc brisé à deux voussures qui retombent sur de fines colonnettes engagées reposant sur un socle. La colonnette placée vers l’intérieur du bâtiment supporte quant à elle une moulure qui souligne le tympan en un arc surbaissé. Ces six colonnettes sont surmontées de petits chapiteaux, par groupe de trois de chaque côté, ornés d’un motif végétal. Seuls deux d’entre eux (à gauche) proposent le même motif : des feuilles à longues tiges sont intercalées avec des feuilles de plus petite taille. A droite, les chapiteaux possèdent un décor de feuilles plus stylisées : de grosses feuilles remplissant l’ensemble de la corbeille pour le premier, des feuilles à longues tiges très épurées pour le second et un feuillage exotique pour le troisième. Un fin cordon au-dessus des corbeilles vient faire le lien entre les chapiteaux de chaque côté du portail. L’astragale, très épais, offre deux versions différentes : une moulure biseautée ou formée de deux cordons. Des masques sont également sculptés entre les premier et deuxième chapiteaux dans un espace correspondant à l’interstice des voussures. Le personnage représenté à gauche est barbu, sa barbe est figurée par quatre rainures verticales et courbes. Les yeux sont globuleux, les lèvres charnues, donnant à l’ensemble un aspect schématique. Le second masque à droite présente des traits moins marqués dans la pierre : les yeux sont grands, la bouche ouverte laisse apparaitre la dentition, la pierre sous le menton pourrait signifier une barbe. Le thème végétal est souvent repris dans le décor sculpté de l’abbaye et offre ici différentes manières de représenter un même motif. Bien que ce portail ait été exécuté au début du XVe siècle, la sculpture garde un archaïsme certain. Le tympan est sommaire et ne porte d’autre décoration que les armes de l’abbesse à l’origine de la construction de ce bâtiment, Guillemette de Taillis. Ses armoiries, martelées à la Révolution, présentaient un parti d’azur et d’or à un lion dressé de l’un en l’autre, soutenu par une crosse d’évêque posée en pal. Ces armes sont entourées d’une inscription indiquant la date de construction de ce portail : « L’an MCCCCXXIII dae G de Talie fist faire ceste port ». Un cadran solaire a également été ajouté sur ce tympan, les chiffres romains marqués en rouge sont encore visibles. Ce portail est lui-même placé dans une sorte d’encadrement, formant un double arc brisé. Ce passage devait être voûté en berceau ou en berceau brisé à l’origine. L’essentiel du décor de cet édifice se trouve sur cette façade sud, le mur nord en est totalement dépourvu, quelques fenêtres ont été ouvertes dans sa partie supérieure. D'après des sources datées de 1790, relatant l'inventaire de l'abbaye suite à sa vente, nous avons connaissance d'autres bâtiments, aujourd'hui disparu. Ainsi, l'abbaye comptait un dortoir ou bâtiment communautaire, une laverie, un noviciat, plusieurs logements (pour les ouvriers, les domestiques, les chapelains, les domestiques), des greniers, une grange, une boulangerie, une boucherie, et d'autres bâtiments annexes dont on ignore la fonction.