Description historique
La forteresse médiévale En dehors de la chapelle romane, mentionnée en 1184 et du donjon remontant en partie au 13e siècle (et qui remplaça sans doute le premier château), il est difficile de savoir à quoi ressemblait la forteresse à une époque antérieure au 14e siècle. Il est toutefois probable qu´à Châteaugiron comme ailleurs, les campagnes de reconstruction des 14e-15e siècles s´appuyèrent sur un plan plus ancien, sinon sur des constructions antérieures. C´est sans doute à Patri de Châteaugiron que l´on doit les importantes reprises du château à la fin du 14e siècle. Il est cependant certain que d´autres travaux intervinrent dans le courant du 15e siècle, sur le logis seigneurial et peut-être sur les tours et fortifications y attenant. Le château, malgré ses archaïsmes sur le plan défensif continua à assurer un rôle militaire tout au long du 15e siècle. En 1487, la garnison comptait ainsi une vingtaine de combattants. Son importance stratégique n´est pas démentie non plus au 16e siècle. La ville et le château furent même le terrain d´affrontements sanglants pendant la guerre de la Ligue, ce qui ne manqua pas d´entraîner de sérieuses destructions. Le château ne fut pas relevé de sa ruine au 17e siècle par la famille de Cossé-Brissac qui vendit la baronnie le 8 mars 1701 aux Le Prestre de Lézonnet. Les travaux du 18e siècle René Le Prestre de Lézonnet effectue d´importants travaux dans sa nouvelle propriété. Il agrandit l´ancien corps de logis ouest en un vaste bâtiment en fond de cour. Les façades sont traitées à la française. De grandes fenêtres sont percées, surmontées de lucarnes à frontons en plein cintre alternant avec des frontons triangulaires. A l´angle nord-ouest du château, là où s´élevait une des tours ruinées, fut construit un grand pavillon avec galerie en bois prenant assise sur l´ancien mâchicoulis. Cette galerie promenade fut même continuée jusqu´à la tour du Cardinal. A l´opposé, à l´angle sud-ouest, l´autre tour en ruine fut abattue, laissant place à l´extrémité du nouveau bâtiment en fond de cour. Pour dégager la perspective vers les parterres et jardins aménagés après l´avant-cour, on supprima tous les restes de fortifications du côté de l´entrée dans la cour d´honneur. Au sud de l´avant-cour, fut édifié un pavillon porche accompagné de part et d´autre de vastes communs et écuries. Ce pavillon d´entrée constituait le seul accès au château. De la période révolutionnaire aux temps actuels Peu inquiétée dans les premières années de la Révolution française, la famille finit pourtant par se séparer du château. Dans un premier temps, le donjon et la tour de l´Horloge sont donnés à la commune ; le reste du château est vendu à un marchand de Rennes, Ramé, en mars 1795. Plusieurs appartements y sont alors aménagés et loués. Par le jeu des successions, le château échoit en 1887 aux Renaud, puis en 1913 à Joseph Chudeau, un architecte nantais qui le vend en 1925 au conseiller général Francis Guérault. Donné par ce dernier au Conseil général d´Ille-et-Vilaine en 1926, le château voit disparaître l´année suivante ses écuries, en très mauvais état. En 1929 on projette d´y installer un musée d´art régional. Deux ans plus tard, les quatre tours du château et l´abside de la chapelle sont classés monuments historiques. En 1936, le château dans son ensemble, à l´exception de la chapelle, devient propriété de la commune. L´installation de la mairie dans le château à partir de 1978 permet de sauver d´une ruine certaine les parties non classées du monument redevenu désormais un lieu de pouvoir. (résumé extrait de l´article de Michel Mauger).