Description historique
Cette maison forte apparaît dans l'enquête pontificale de 1339. Il y est dit qu'elle possède des tours et une enceinte (Saint-Cyr, t. 2, p. 74, 82). Le 22 juillet 1345 elle est hommagée par Humbert de Loras qui auparavant la tenait en franc-alleu (A.D. Isère : B 2614 ; Inv. viennois, 2 Mi 962 fol. 13 ; G. Allard, fol. 40 ; U. Chevalier, t. VI, n° 33821). Après avoir appartenu aux Beaumont, seigneurs d'Anthouillet et héritiers de la maison de Loras, la maison forte de Dizimieu devient, en 1435, la propriété d'une famille de nobles crémolans, à la suite d'un échange intervenu entre Jean Martin de Crémieu et son beau-père André de Beaumont (Inv. viennois, 2 Mi 961, fol. 444 v°). La seigneurie et le château sont aliénés à Antoine Martin de Dizimieu en 1537 (A.D. 38 : 7 C 798). La terre de Dizimieu est élevée au rang de comté en juin 1613 (Rivoire de la Bâtie, p. 191). Lors du dénombrement du 26 août 1687 la maison forte consiste en "une salle basse, une chapelle, grande cuisine et cave voûtée, un four" et ses appartenances (A.D. 38 : Inv. viennois, 2 Mi 962, fol. 14). Jusqu'à la Révolution le château appartient aux descendants des Martin de Dizimieu, les Saint-Béron et les Chaponnay-Saint-Bonnet. Après la Révolution le château, abandonné par ses propriétaires, est utilisé comme ferme. Au début du 19e siècle il appartient au comte de Monteynard, mais en 1861 "le château n'est toujours pas reconstruit" (Raverat, 1861, p. 391). Le 2 novembre 1884, la propriété composée de "bâtiments neufs englobant les tours de l'ancien château, maisons fermières, remises, écuries, et autres bâtiments ruraux ; belle fontaine fluente, vergers, vignes, terres, bois taillis et bois sapins" sur une superficie totale de 225 hectares est mise en vente (A.D. 38 : 138 M 3, Lyon Républicain). Elle est acquise par Ulrich Forrer en 1886, qui entreprend de reconstruire le château. Du 14e siècle, ne subsistent que les trois tours circulaires fortement remaniées aux siècles suivants. La base talutée de la tour nord-est est en effet tardive, quant aux différentes archères-canonnières, elles sont datables du 15e et du début du 16e siècle. De 1740 à 1773 des travaux sont entrepris par Louis-Angélique de Dizimieu comte de Saint-Béron, qui complète l'ancienne maison forte en construisant un nouvel édifice intégrant les anciennes tours. D'après l'inventaire de 1774 "le bâtiment neuf était isolé des tours et séparé de l'ancien château... C'était une imposante construction dans le style Mansart, ... comportant trois étages, ... couronné par un fronton monumental et une corniche", entouré d'un jardin à la française. En 1780, le comte de Chaponnay démolit les nouveaux bâtiments inachevés et mal construits. Le château actuel résulte des travaux de reconstruction et de restauration entrepris au 19e siècle. Le château aurait reçu deux personnages célèbres : François 1er lors de son séjour à Crémieu en 1536 et Lesdiguières en 1590.