Description historique
Les hôtels d'Amboise et d'Epernon furent construits au tournant du XVIe siècle, sous le règne de Louis XII (1498-1515), à proximité immédiate de la façade Louis-XII du Château. Une importante restauration fut menée en 1890 par l'architecte blésois Arsène Lafargue, auteur également de la restauration de l'hôtel d'Alluye. Les hôtels furent protégés dans leur état restauré le 8 décembre 1938.¶¶En juin 1940, l'incendie provoqué par le bombardement de la ville basse menaçant le château, on fit sauter les deux hôtels à la dynamite. Ils furent alors réduits à l'état de ruine comme l'ensemble des bâtiments qui longeaient le côté sud de la place du Château. Au cours de l'élaboration du plan de reconstruction et d'aménagement de la ville de Blois, et après un débat animé, il fut décidé que les hôtels seraient les deux seuls édifices reconstruits au sud de la place. Ainsi seraient restitués les deux hôtels protégés permettant de rendre à la prestigieuse façade Louis-XII un écrin et une échelle.¶¶Charles Dorian, chargé de l'étude spéciale d'architecture de la place du Château, proposa de reculer légèrement leur façade afin d'augmenter la largeur du passage au sud du pignon du château et d'ainsi faciliter l'accès des pompiers dans les cours intérieures. Il recommanda par ailleurs que ces deux hôtels soient reconstruits par les architectes du service des monuments historiques et rétablis dans leur état primitif.¶¶Nous n'avons pu déterminer au cours de l'étude quel architecte fut chargé de cette reconstruction, ni quand elle fut menée. Nous pouvons toutefois avancer qu'elle eut lieu rapidement après la Libération puisqu'en 1950 les deux hôtels semblent être reconstruits.¶¶Cette reconstruction est très singulière par rapport à celle du reste de la ville, il s'agit de la seule véritable restitution. Elle ne rétablit pas pour autant avec exactitude l'état antérieur de pastiche que l'architecte Arsène Lafargue avait créé. La volumétrie, le rythme et les matériaux de la façade furent globalement respectés. De gauche à droite, on retrouve bien quatre séquences : une façade surmontée d'une lucarne monumentale à gâble triangulaire ; le mur de clôture de la cour ouvert en arc surbaissé ; une façade pignon ; un mur gouttereau. La permanence du rythme de la façade se retrouve dans l'emplacement et la taille de la plupart des baies. Par ailleurs, les hôtels présentent des façades en pierre de taille et en maçonnerie masquée sous un enduit. Cet appareil reconstitue en partie l'appareil de pierre d'origine. L'alternance irrégulière avec des pans enduits signale le caractère archéologique de l'objet reconstruit même si elle ne souligne pas seulement les pans de murs d'origine sauvés des vestiges.¶¶Dans le détail, les hôtels reconstruits furent très simplifiés par rapport à leur aspect d'avant-guerre. La partie en pans de bois en surplomb de l'extrémité ouest ne fut pas rétablie. La façade pignon ne fut plus découverte et sa baie à croisillon, surmontée d'un arc en accolade, fut remplacée par deux simples baies jumelées. Les éléments de décor tels que le blason sculpté ornant la lucarne monumentale et les épis de faîtage furent supprimés. Enfin, l'architecte en charge de cette restitution eut à créer entièrement la façade est de l'ensemble qui était auparavant un mur mitoyen.¶¶Le seul élément ancien qui fut conservé fut le blason qui ornait la fenêtre du premier étage de l'hôtel d'Amboise : il a été remis en place sur la nouvelle façade, au-dessus du porche. ¶¶En 2011, les hôtels d'Amboise et d'Epernon ont été radiés de la liste des monuments inscrits au titre des monuments historiques.