Donjon
Tour César
Donjon dit Tour César
Centre-Val de Loire ; Loiret (45) ; Beaugency ; place Dunois
Beaugency
Dunois (place)
1828 A 1075 ; 1981 F 1005
En ville
Château fort
IA45000134
1er quart 11e siècle ; 2e quart 11e siècle ; limite 11e siècle 12e siècle ; milieu 12e siècle ; 1ère moitié 13e siècle ; 1er quart 14e siècle ; 1ère moitié 16e siècle ; 3e quart 16e siècle ; 2e quart 19e siècle
1030
Datation par dendrochronologie
Lancelin 1er (commanditaire) ; Lancelin III (commanditaire)
Ce donjon, emmotté à l'origine et ceint d'une chemise, fut édifié par Lancelin 1er, seigneur de Beaugency, entre 1015 et 1030 avec 3 niveaux : une salle basse voûtée et 2 étages d'habitation, le dernier étant surmonté d'un chemin de ronde et d'un crénelage. Durant le 3e quart du 12e siècle, sous Lancelin III, un 3e étage crénélé avec chemin de ronde et échauguettes aux angles nord et sud de la face orientale fut ajouté. Les baies géminées cintrées du 2e étage remontent, d'après le style de leur chapiteau, à l'époque où fut édifiée la nouvelle église Notre-Dame, c'est-à-dire dans les années 1140. Durant la 1ère moitié du 13e siècle fut ajouté un mur longitudinal reposant sur des arcades apparemment cintrées à la place des cloisons primitives à chaque étage. Sous Philippe-le-Bel, qui racheta la seigneurie de Beaugency en 1292, on éleva un 4e étage à partir du chemin de ronde du dernier niveau et de nouvelles cheminées furent réalisées à chaque étage sur les murs est et ouest. Plus précisément, entre 1303 et 1305, on perça 16 fenêtres (croisées ?) sur les 18 projetées. Au début du 16e s, on perça 6 petites fenêtres et on ajouta 2 cabinets de latrine à l'ouest. Divers aménagements furent entrepris sous Jean d'Orléans-Longueville, petit-fils de Dunois, en 1519, 1523 et 1524 et après sa mort en 1535. En 1567 ou 1568, le donjon fut incendié par des flammèches provenant de l'incendie de l'église abbatiale causé par les nouveaux réformés. Jusqu'au 19e siècle, il resta en ruine. Dans la nuit du 22 au 23 février 1837, la voûte du rez-de-chaussée s'effondra, emmenant avec elle les refends à arcades supérieures, ne laissant plus que les 4 murs de l'édifice. Les archives municipales conservent un double projet de charpente à poser au-dessus de la voûte écroulée. Le premier est une charpente courante à fermes et pannes et l'autre envisageait la pose d'une charpente d'assemblage du type "Philibert Delorme" composée de 35 cintres à 18 toises de planches par cintre. Ni l'un ni l'autre ne fut suivi d'effet. Signalons la présence jusqu'au 19e siècle d'une peinture murale des environs de l'an 1100 représentant un Christ en majesté sur la voûte de la baie sud de la face est de l'étage du donjon dont il ne reste plus que la trace extérieure de la mandorle.
Calcaire ; moellon
4 étages carrés
Voûte en berceau plein-cintre
Escalier dans-oeuvre : escalier droit, en maçonnerie ; escalier dans-oeuvre : escalier en équerre, en maçonnerie
Haut de 36 m à partir du sol actuel, ce donjon comprenait un rez-de-chaussée couvert par 2 voûtes en plein cintre orientées nord-sud et posées côte à côte. Elles sont divisées chacune par 2 murs diaphragmes. Ces murs portaient sur des arcs apparemment en plein-cintre, et la retombée commune des 2 voûtes était divisée en 3 parties portées par des arcs de même type retombant sur 2 piliers médians de section quadrangulaire. Au-dessus, s'élevaient 4 étages dont les 3 premiers étaient divisés longitudinalement par un mur de refend à arcades soulagé par 3 arcs retombant sur des colonnes à chapiteaux, disposées à l'aplomb des piliers du rez-de-chaussée, et des pilastres sur les murs nord et sud. A l'est et à l'ouest de chaque étage s'adossent une cheminée monumentale. Les cheminées primitives ont été bouchées. Présence dans l'épaisseur du mur nord du rez-de-chaussée d'un escalier droit qui prend naissance à 6 m environ du sol et permet d'accéder à l'étage ; petit escalier en équerre dans l'angle nord-ouest du dernier niveau pour accéder au chemin de ronde supérieur. Le mur occidental présente encore la trace du crénelage primitif du 2e étage : 3 créneaux au centre entre les contreforts et 2 de chaque côté, et un modeste vestige de crénelage du dernier étage.
Restauré
1840 : classé MH
Tour dite César : classement sur la liste de 1840.
À signaler
Ce donjon de plan quadrangulaire, contemporain de celui de Loches, est l'un des plus importants de l'aire ligérienne.
Propriété de la commune
1999
© Inventaire général
2007
Bontemps Daniel
Sous-dossier
Région Centre-Val de Loire - Service régional de l'Inventaire - 6 rue de la Manufacture 45000 Orléans – 02.38.70.25.06