Pont
Pont
Centre-Val de Loire ; Loiret (45) ; Beaugency
Beaugency
1981 ; non numéroté
En ville
Loire (la)
12e siècle ; 17e siècle ; 18e siècle ; 19e siècle ; 20e siècle
Ce pont est cité en 1145 dans un acte de Simon II de Beaugency, puis en 1158 avec la chapelle Saint-Jacques édifiée dessus. Son accès était commandé à peu de distance par le château dominé par son puissant donjon. En 1608, une importante crue emporta le faubourg du bout du pont sur la rive gauche. La Loire continuant à couler à cet emplacement, il fut nécessaire d'allonger le pont existant en pierre par un pont en bois. Jusqu'à l'hiver de 1677, ces 2 ponts se rejoignaient sur une île de la Loire. L'album Poitevin où sont conservés de nombreux dessins de ponts (entre 1677/78 et 1683) , indique que la plus grande partie du pont en pierre, entre la ville et l'île, avait 19 arches, tandis que le second en bois, entre l'île et la rive gauche, fut détruit lors du dégel de 1677. A partir de la 19e pile, se voyait sur l'île les vestiges d'une muraille et sur la 16e pile se dressait une porte fortifiée flanquée de deux tourelles à laquelle répondait la tête de pont fortifiée au nord, près de la ville. Une retombe propose un projet de reconstruction de la partie disparue avec des arches en pierre. Il fut réalisé comme semble l'indiquer un plan de 1709 de Guiard. Lors de cette reconstruction qui commença semble-t-il à partir de la 19e arche, on détruisit la porte fortifiée de la 16e pile. Un autre dessin ajouté à l'album, de peu antérieur à 1721, montre 2 nouveaux projets de reconstruction du tiers sud du pont, sans doute détruit entre temps, dont l'un partiellement réalisé était essentiellement en bois, ce que signale le plan de l'ingénieur Denochez de 1725. La tête de pont médiévale fortifiée reposait sur les quatre premières arches et possédait du côté de la ville, une tour-porte quadrangulaire traversée par un étroit passage (porte Maucuidant ou Saint-Clément). En amont du fleuve se trouvait sur la première pile, une tourelle et sur la seconde, la chapelle Saint-Jacques. Sur la troisième pile s'élevait une porte fortifiée avec une tourelle toujours vers l'amont. Entre cette pile et la suivante, reposait un pont-levis. Une gravure de Chastillon du début du 17e siècle montre une autre tourelle sur la 4e pile (?). Entre ces tourelles se dressait de chaque côté du pont un mur crenelé plus haut que le parapet. En 1767, la tête de pont fut détruite pour donner plus de largeur au pont. En 1806, un rapport signale que le pont avait 29 arches En 1845, il n'y en avait plus que 20 : 17 en pierre, 2 en bois et une en fil de fer, construite peu avant cette date, qui constitua la grande arche marinière détruite en 1870 et reconstruite en fer et ciment armé. Après l'incendie de 1945, elle fut refaite en pierre. La grande crue de 1856 nécessita la construction d'une travée de décharge en maçonnerie et tôle de 30 m d'ouverture du côté de Lailly-en-Val, au lieudit le Guidon. A la suite de l'inondation de 1866, une seconde travée de même ouverture fut projetée à la suite de la précédente. D'importants travaux furent réalisés après 1947. La présence sous l'Ancien Régime et en 1806 d'arches cintrées ou brisées, d'avants-becs triangulaires ou cintrés et d'arrières-becs de formes diverses, signalent la diversité des époques qui laissèrent leur traces sur ce pont médiéval agressé par des crues puis transformé et restauré continûment. Entre 1978 et 1980, des piles reçurent des injections de mortier et 2 arches furent construites en béton et rabillées en pierre de taille. Fin 2007, un éclairage est venu souligner sa silhouette la nuit.
Calcaire ; pierre de taille ; moellon
Pont médiéval continuellement modifié et agrandi depuis sa construction. En 1806 il était précisé que sa largeur n'était pas la même dans toute sa longueur et que les murs de tympan n'étant pas parallèles, ils formaient plusieur angles saillant et rentrant avec des retraites et des irrégularités. La plus grande largeur d'une tête à l'autre était de 12, 8 m et la plus petite de 7, 7 m.
Restauré
À signaler
Malgré sa destruction, la tête de pont médiéval nous est bien connue en plan et en élévation par les plans des 17e et 18e siècles.
Propriété de l'Etat
1999
© Inventaire général
2001
Bontemps Daniel
Dossier individuel
Région Centre-Val de Loire - Service régional de l'Inventaire - 6 rue de la Manufacture 45000 Orléans – 02.38.70.25.06