Commentaire descriptif de l'édifice
Bâtie à 5,50 m environ en retrait du front de rue, la tour évoque par son implantation les constructions de coeur de parcelle ou de coeur d'îlot. Édifiée en pierre, elle est manifestement antérieure aux constructions médiévales de briques venues tardivement s'y accoler, qui bordent la rue des Soubirous et l'impasse du Four (voies qui délimitent l'îlot à l'ouest et au nord). La destruction presque totale de l'ancienne église Notre-Dame des Soubirous ne permet plus aujourd'hui de préciser la position précise de la tour par rapport à cette église, mais il semble que les deux édifices, presque contigus, n'étaient séparés que par un étroit espace libre.£De plan rectangulaire, la tour mesure 9,05 x 7,23 m hors-oeuvre. Ses murs, épais de 1,45 à 1,50 m au rez-de-chaussée, se réduisent à 1,00 m environ au deuxième étage et à 0,75 m au dernier niveau, par retraites successives. Elle comporte encore trois étages sur un rez-de-chaussée, établi lui-même sur un soubassement plein haut de 1,20 m environ. L'élévation actuelle de ses parties médiévales atteint 16 m au-dessus du sol extérieur, la surélévation de son élévation nord, destinée à porter une couverture en appentis, résultant d'un réaménagement moderne. Vers le nord, la paroi ouest se prolonge au niveau du rez-de-chaussée, entre les parcelles 342 et 68, par un mur de moellons de calcaire, épais de plus d'un mètre et long de 16 m environ, apparemment contemporain de la tour. L'édifice, initialement planchéié, ne conserve aujourd'hui que deux planchers anciens.£Seule l'élévation sud de la tour est actuellement dégagée, des bâtiments plus récents étant venus s'adosser aux autres faces. Elle est caractérisée par ses maçonneries de moellons de calcaire, de petit calibre, grossièrement taillés mais disposés en assises régulières. Les parements intérieurs du rez-de-chaussée présentent les mêmes caractères de mise en oeuvre. Les moellons, éclatés, y portent la trace d'un dressage grossier au taillant et sont liés par des joints pleins et couvrants qui semblent appartenir à la mise en oeuvre d'origine. Des vestiges d'enduit recouvrent encore une part importante des parements. Sur l'élévation est, les traces d'une baie, actuellement condamnée, apparaissent sur les deux faces ; couverte par un cintre de briques, elle semble résulter d'un percement du 16e siècle. De fait, l'accès originel de l'édifice n'est pas connu. Les autres éléments attribuables à l'ouvrage médiéval et encore visibles, sont situés sur l'élévation est. Ils consistent en une fente de jour, deux corbeaux de pierre et une niche murale. La fente de jour, aujourd'hui condamnée, n'est observable que sur la face extérieure du mur, à hauteur du deuxième étage ; haute de 0,50 m, elle est dépourvue de chanfrein et couverte par un cintre brut, échancré dans le linteau. Les deux corbeaux (ou tablettes ?), visibles sur la face interne du dernier niveau, sont constitués par deux simples pierres plates encastrées dans la maçonnerie, à proximité d'une petite niche murale très grossièrement ménagée en réserve dans le moellonnage du parement.