Commentaire descriptif de l'édifice
Le château occupe l'extrémité d'une éminence allongée, de 400 m de longueur environ, qui barrait l'isthme du méandre de Douelle. Il pourrait s'agir d'une ancienne levée de terre protohistorique, appelée localement "le Batut" et dans laquelle on a parfois vu les vestiges d'un ancien "cap barré" gaulois. Quoi qu'il en soit, cette levée de terre continua à jouer un rôle décisif dans la position stratégique du château, en permettant à des troupes importantes de se retrancher dans le méandre de Douelle.£Séparés du reste de la levée de terre par un fossé, les vestiges du château délimitent une terrasse rectangulaire (d'environ 70 m x 30 m), flanquée de tours carrées et d'une tour ronde et rempardée par des murs épais de plus de 2 m, qui associent soubassement en pierre et élévations en brique. L'extrémité orientale du château, qui dominait les berges du Lot, a été amputée assez récemment (dans les années 1980) par l'élargissement de la route départementale. L'ensemble est dominé par les vestiges de ce qui semble avoir été un donjon, construit essentiellement en briques, implanté face au fossé sur le front ouest.£Du donjon, seules sont conservées l'élévation ouest et l'amorce des retours nord et sud, qui permettent de restituer un ouvrage de plan rectangulaire, de 11,85 m environ de longueur sur 8 m environ de largeur. L'épaisseur de l'élévation sud, proche de 2,20 m, dépasse nettement celle des autres élévations qui avoisinaient 1,45 m.£Le rez-de-chaussée était occupé par une salle voûtée, sans doute en berceau brisé. La disparité des épaisseurs de murs pourrait s'expliquer par la présence possible d'un escalier intramural ménagé dans le mur sud. Dans l'angle sud-ouest, un amincissement important de la paroi, à hauteur des reins de la voûte, donc à mi-niveau, correspond en effet à une ancienne gaine éclairée au sud par une fente de jour. Le sol de la salle du premier étage se situait environ à 7 m de hauteur. Une archère pourvue de croisillons droits est inscrite, à l'ouest, dans une niche en plein cintre chanfreinée. A côté, le caisson de latrines fortement débordant à l'extérieur semble appartenir également à la construction d'origine. Aucun indice certain ne permet de restituer un second étage.