Personnalité liée à l'histoire de l'édifice
Brunehaut Jacques (commanditaire) ; Courcol Laurent (habitant célèbre) ; Legrand Claude ou Antoine (habitant célèbre) ; Lombillon Joseph-Charles (habitant célèbre) ; Lyautey Raoul (habitant célèbre)
Description historique
Un premier immeuble est construit dans le 3e quart du 16e siècle dans le cadre d'une opération urbaine de lotissement associée à la construction d'un nouveau rempart (rempart de Vaudémont) et la création de la "neuve rue" (ou "place neuve" actuelle place de la Carrière). L'ensemble des façades sur la "neuve rue" est construit selon un modèle imposé par l'autorité ducale. La parcelle d'une largeur de 31 pieds correspondant à cet immeuble fut adjugée en 1567 à Jacques Brunehaut (ou Bruneau) chirurgien du duc, dont la fille Renée ayant épousée Jean Callot serait la mère de Jacques Callot. Deux ans plus tard, en 1569, à la mort de son épouse, Jeannon Gennetaire, Brunehaut cède la maison inachevée à Laurent Courcol, receveur général de Lorraine. A la fin du siècle (date inconnue) elle appartient à la famille Legrand comme l'atteste la présence des armoiries gravées sur le bassin se trouvant dans la cour. Comme tous les immeubles de la place, le bâtiment est entièrement réhabilité dans le 3e quart du 18e siècle, suite à un arrêt du 5 avril 1754 du duc Stanislas Leszczynski (AM Nancy BB27, AD 54 C177) ordonnant l'uniformisation des façades de la place selon une élévation dont le modèle est attribué à Emmanuel Héré ; les travaux sont réalisés en 1755-1756, financés par le duc lui-même pour une somme totale de 384 067 livres 4 sols 10 deniers. Outre la façade, lhôtel fait l'objet de travaux intérieurs : reconstruction de l'escalier principal, modification de la galerie de liaison, réfection des décors. A la fin du 18e siècle, le bâtiment est toujours la propriété de la famille Legrand jusqu'au 11 thermidor an VIII (30 Juillet 1800), date à laquelle Elisabeth Legrand cède l'édifice à Joseph-Charles Lombillon qui possédait déjà le n°36 (daprès A. Beau, la création de la "Neuve rue" de la Carrière à Nancy en 1567, dans le Pays Lorrain, 1988, p.36). D'après l'historien Pfister (Histoire de Nancy : tome 2. Nancy, 1909 p. 234), l'immeuble (ou l'immeuble mitoyen au n° 28) correspondrait à l'ancien hôtel de la famille Stainville, alors que pour Robaux (Les rues de Nancy, 1984 p. 75) il ne formerait qu'une partie de cet hôtel qui aurait occupé les numéros 26 à 32. Au 19e siècle l'ensemble fait l'objet de plusieurs campagnes de travaux : décors intérieurs mis au goût du jour, installation d'une passerelle appuyée sur la façade de la rue des Ecuries afin de relier l'immeuble et le toit en terrasse des constructions lui faisant face (servant de garage) sur le parc de la Pépinière, surélévation du second corps, galerie fermée sur la cour par un mur maçonné percé de baies. Après plusieurs changements de propriétaires, Raoul Lyautey, frère du maréchal, l'achète en 1919. Il appartient toujours pour partie à ses descendants.