Description historique
Un orphelinat de jeunes filles est fondé à Nancy en 1715 par Françoise Catherine Croiset dans un bâtiment de l'ancien hôpital Saint-Roch nommé Maudomé et désaffecté depuis 1710. Connu sous l'appellation de Maison des orphelines, l'établissement est géré par une communauté de femmes unies par des voeux simples formant la congrégation des Orphelines de la Sainte-Famille de Nancy, nommées soeurs de Sainte-Elisabeth. Les premiers travaux ont lieu entre 1720 et 1722 sous la direction de Jean-Nicolas Jennesson (1686-1755), le chantier reste inachevé ce qui provoque un litige avec l'architecte, qui est remplacé par Timothée Gentillatre (1689-?) en 1725, date à laquelle démarre la construction de la chapelle. Des travaux importants ont lieu en 1733-1734 afin de terminer, semble-t-il, les bâtiments (corps C au sud de la cour d'entrée). En plus de l'accueil d'orphelines (entre 10 et 20), l'établissement assure à partir de 1759 léducation gratuite de jeunes filles pauvres (environ une quarantaine). Laménagement des bâtiments permettait de vivre en quasi-autarcie : il comprenait écurie, vacherie, poulailler, fournil, pressoir, 2 puits (dont lun accessible de lintérieur et de lextérieur de la cuisine), cuisine avec potager (daprès le plan de vente révolutionnaire : AD 54 1 Q 49) ainsi quun jardin ; séparé des bâtiments par une rue, ce jardin était divisé à la fin du 18e siècle (plan de 1768 : AD 54 101 J 68) en 6 carrés cultivés en potager ou en prairie. Durant la Révolution, la Maison des orphelines, réunie à l'hospice des Enfants trouvés (devenu hôpital des Enfants de la Patrie), s'installe dans l'ancien noviciat de jésuites (rue Saint-Dizier) jusqu'en 1818, date à laquelle elle réintègre les anciens bâtiments tout en faisant l'objet d'une réorganisation : sous la tutelle d'une commission administrative civile présidée par le maire de la ville, l'établissement est confié aux soeurs de la Doctrine chrétienne dont la supérieure, Pauline de Failllonnet, joue alors un rôle majeur. Des travaux ont lieu durant tout le 19e siècle : réparations importantes dans les années 1820-1821 (architecte des hospices civils de Nancy : Dosse) ; aménagements d'anciens communs et constructions nouvelles dans les années 1830 sur la rue du Manège (architecte : Clément) ; constructions de 2 préaux, d'un réfectoire et reconstruction de l'escalier principal (architecte : Lapierre) en 1847. Jusque dans les années 1860 (cf cadastres anciens), la maison des orphelines disposait du jardin aménagé au-delà de l'ancienne rue de derrière les orphelines (prolongeant l'actuelle rue Lacordaire) ; cette rue est déplacée plus au sud en 1869 (actuelle rue des orphelines) afin de réunir les bâtiments et le jardin. Suite à cette extension de propriété (intégration de l'ancienne rue), le corps de bâtiment sur la rue du Manège (corps G) est prolongé (architecte : A. Melin). A la fin du 19e siècle, la maison des orphelines dirigée par une quinzaine de soeurs de la Doctrine chrétienne constitue une école accueillant à la fois des orphelines et des pensionnaires ainsi que des élèves externes (au total environ 300 jeunes filles). Au milieu du 20e siècle, la maison des orphelines devient lycée technique Sainte-Elisabeth puis lycée Charles de Foucauld (lycée privé catholique sous contrat) dans les années 2000. Durant la seconde moitié du 20e siècle, est construit un bâtiment fermant la cour au sud (corps F, rue des orphelines) et divers aménagements intérieurs (cuisine, réfectoire, salles de classe...) sont effectués afin de répondre aux besoins du lycée.