Description historique
Un couvent de capucins est fondé à Nancy dès la création de la Ville Neuve en 1592, date à laquelle ont lieu les 1ers travaux faisant suite au marché passé avec plusieurs maçons (André Tarillon, Humbert Marchal, Claudin Bagard) et avec les charpentiers Christophe et Antoine Le Besgue. Visible sur le plan de la Ruelle de 1611, le couvent, en retrait de la rue, comprenait une église, un bâtiment conventuel, une galerie formant cloître et un vaste jardin (potager en grande partie). D'après l'historien Lionnois (Histoire des villes vieille et neuve de Nancy [...] 1811) l'ensemble aurait été réédifié vers 1615, en raison du peu de solidité de la construction ; toutefois cet état n'apparaît nullement sur la représentation figurée de 1611 (conforme par ailleurs aux représentations plus tardives notamment celle du graveur Israël Sylvestre (1621-1691)) ce qui laisse à penser que les travaux de 1615 ne concernaient qu'une partie du couvent. En 1710, afin de satisfaire à l'ordonnance ducale qui impose l'alignement des constructions sur la rue, une série de 7 maisons formant lotissement (IA54002943) est construite entre la rue et le couvent par et pour l'architecte Christophe André à qui les moines cèdent le terrain, se réservant toutefois la maison accolée à leur église. Une dizaine d'années plus tard (entre 1721 et 1730 environ), une grande partie (voire l'ensemble ?) des bâtiments conventuels est reconstruite. Cette datation a été confirmée par une analyse dendrochronologique réalisée sur plusieurs fermes de charpente dont le résultat donne comme date d'abattage du bois (chêne et sapin) celle de 1730. Durant la période révolutionnaire, suite à la dissolution de l'ordre, une partie des bâtiments sert de magasin à fourrages et de boucherie pour larmée (AD 54 1 Q 660 et 193, L 1565), une partie étant occupée par des familles indigentes. L'ancien jardin du couvent est en partie affecté à l'hospice des Enfants trouvés installé dans le bâtiment voisin (ancien noviciat des jésuites). En 1803, la propriété des bâtiments est cédée aux soeurs vatelotes afin d'y installer leur maison-mère. L'association (ou Institut) des soeurs vatelottes tire son nom de celui de son fondateur le chanoine Jean-Baptiste Vatelot qui mit en place dès 1719 une communauté de femmes, dites soeurs-maîtresses d'école, entièrement vouée à l'éducation des filles et au soin des malades ; cette association se constitue en congrégation religieuse, dite de la Doctrine chrétienne, dès le milieu du 18e siècle. Après avoir remis en état les bâtiments de l'ancien couvent des capucins (bâtiment A), sous l'autorité de la première supérieure générale, soeur Rosalie Marquant, la congrégation y ouvre une école pour 300 élèves dès 1808. Malgré les remaniements effectués, ce bâtiment conserve un certain nombre déléments datant du 18e siècle : escalier, cheminées, lambris, menuiseries de fenêtres, portes intérieures, placards
(IM54014251). En 1822 la congrégation fait construit une 1e chapelle (IA54002941) et en 1837 un bâtiment destiné au noviciat (bâtiment B). En 1858 une nouvelle et vaste église est construite à lintérieur de lenceinte (IA54002942), lancienne chapelle étant désaffectée. En 1882, la congrégation acquiert l'ancienne église des capucins (IA54002940) mise en vente par la municipalité pour la détruire et faire édifier à son emplacement un immeuble dont elle occupe les étages, le rez-de-chaussée étant aménagé en local commercial locatif (IA54003054). En 1893-1894, deux nouveaux bâtiments (C, D) sont élevés sur la rue Charles III par larchitecte Antonin Rougieux pour accueillir des élèves. Dans la seconde moitié du 20e siècle, létablissement scolaire, devenu groupe scolaire Charles de Foucauld, sagrandit avec la construction en 1963 dun bâtiment destiné à lécole primaire et dun gymnase en 1988.