Personnalité liée à l'histoire de l'édifice
Lenoncourt Antoine de (commanditaire) ; Stainville Pierre de (commanditaire)
Lieu de conservation d'un élément architectural déplacé
parties déplacées à : Musée lorrain, Nancy
Description historique
Maison de chanoine construite à partir de 1607 dans le cadre du lotissement destiné à accueillir les membres du chapitre de la primatiale de Lorraine. Destinée à l'usage des grands doyens du chapitre, elle est commandée par le premier d'entre eux, Antoine de Lenoncourt (1559-1636, en charge de 1602 à 1607). Celui-ci fait appel à un architecte parisien, maître Lambert, pour réaliser la maison ; ce dernier est également l'auteur du plan général du lotissement, et très certainement l'introducteur à Nancy du parti de l'hôtel entre cour et jardin. Les travaux sont confiés à Jean Braconnier, et Nicolas et Lambert Charles maîtres maçons, et Didier Barbonnois maître charpentier, tous très actifs à Nancy au début du 17e siècle (contrats de travaux des 18 et 19 mai, et 4 juillet 1607 ; archives départementales 54, 3 E 1901). Devenu primat de Lorraine, il transfert les marchés de construction à son successeur Pierre de Stainville (mort le 2 novembre 1627) le 2 septembre 1608 (A.D. 54, 3 E 1474). Si on se fie à sa représentation dans le plan dit de la Ruelle, le corps de bâtiment principal est achevé avant 1611. Toutefois les travaux continuent jusqu'en 1619 (date portée sous le palier de l'escalier principal) : on connait au moins un marché de fourniture de pierre de taille du 7 décembre 1617, passé par Pierre de Stainville pour l'achèvement de la maison (A.D. 54, 3 E 1564). Cette seconde phase de travaux semble concerner la construction d'annexes autour de la cour des communs, et d'une galerie de peinture sur le jardin en prolongement du corps de bâtiment principal. La maison fait l'objet d'une campagne de modifications dans la première moitié du 18e siècle : reconstruction du portail principal sur la rue Mably, légère surélévation du corps de bâtiment principal, réfection de la charpente (datée 1721 par dendrochronologie ; analyse du laboratoire DendroNet de Bohlingen en Alllemagne), suppression des croisées en pierre et abaissement des allèges des fenêtres du premier étage sur le jardin ; l'ensemble des modifications est probablement dû à Henri-Hyacinthe comte de Tornielle, grand doyen entre 1711 et 1742. A la Révolution française, le dernier grand doyen, Jacques-Marc-Antoine Mahuet de Lupcourt est emprisonné quelque temps ; la maison fait alors l'objet d'une visite en vue de sa vente comme bien national, mais il semble que Mahuet de Lupcourt la récupère à sa sortie de prison. Devenue simple maison d'habitation, elle fait l'objet de travaux d'aménagements intérieurs dans la première moitié du 19e siècle : cloisonnement, réfection des décors avec éléments tirés du catalogue Beunat, ou Heiligenthal son successeur ; une aile est construite sur la cour principale avant 1830. Puis après 1865, elle est divisée en deux ; la partie correspondant aux anciens communs (21 rue des Tiercelins) est alors partiellement surélevée et agrandie pour devenir un pensionnat de jeunes filles dirigé par mademoiselle Menestrel (1879-1901 ca), avec construction d'un escalier sur une partie de l'emprise de la cour des communs. Le buste du duc Henri II de Lorraine, qui surmonte le porche d'entrée, est remplacé à la fin du 19e siècle par une copie due au sculpteur Ernest Bussière (1863-1913 ; original déplacé au Musée lorrain à Nancy). Au cours du 20e siècle, la maison abrite un chapelier, puis un robinetier (tradition orale). L'ensemble est aujourd'hui un immeuble partagé entre plusieurs propriétaires et inscrit au titre des monuments historiques ; la façade sur jardin a fait l'objet d'une importante campagne de restauration en 2014.