Personnalité liée à l'histoire de l'édifice
Reynel, François (commanditaire)
Description historique
Abbaye Saint-Clément construite à partir de 1669 sous l'abbatiat de François Reynel (1662-1678) à l'emplacement de l'ancienne abbaye construite entre 1565 et 1567, entièrement disparue. Les travaux commencent par le cloître, ils sont interrompus à de multiples reprises et ne se terminent qu'en 1737 par le portail de l'église conventuelle. Les travaux sont menés par les architectes Jean Spinga (1641-1724) puis Lapierre (1660-1715) (on ne connait pas précisément la part de chacun) , le tailleur de pierre Pierre Le Moyne, les charpentiers Jean Gombert et Jean Etienne. Les bâtiments conventuels étaient disposés autour d'un cloître (disposition connu par un plan de 1790 conservé à la médiathèque de Metz) : le corps nord abritait le réfectoire et la salle du chapitre au rez-de-chaussée, les chambres des moines et l'appartement du prieur à l'étage ; le corps sud abritait la procure, des greniers et des chambres d'hôtes. L'entrée de l'abbaye se faisait au nord, par un portail (détruit dans les années 1980) ouvrant sur le parvis de l'église. La façade principale (ouest) donnait sur un jardin (non documenté) par un escalier droit à une volée double (montées convergentes) ; elle était encadrée de deux pavillons en avancée (le pavillon nord a disparu après 1966 et le pavillon sud a perdu ses dispositions d'origine, la modification de la forme du toit lui ayant fait perdre son statut de pavillon). Au lendemain de la Révolution, l'abbaye est confisquée, les bâtiments conventuels sont affectés au ministère de la guerre qui y installe un entrepôt. En 1855, la Compagnie de Jésus en fait l'acquisition afin d'y installer un collège, dont l'emprise foncière dépasse largement celle de l'ancienne abbaye. Deux projets sont successivement réalisés par le père Mathieu Lauras (1813 - 1882) et son élève Edmond Duthoit (1837-1889) : le 1er, très ambitieux, sera abandonné au profit du second qui comprend la construction, au sud du cloître, de quatre corps de bâtiments autour d'une nouvelle cour (nommée cour du parloir) , dont une chapelle dite chapelle de la Congrégation logée au rez-de-chaussée du nouveau corps sud (IA57002096). De plus, les anciens bâtiments conventuels sont remaniés : le corps sud du cloître et la moitié sud de la façade principale sont alors reconstruits et surélevés d'un étage. En 1872, suite à l'annexion allemande de 1870, les Jésuites sont expulsés et le collège fermé. Les bâtiments connaissent alors des affectations diverses : école normale d'institutrices (1875-1880) puis d'instituteurs jusqu'en 1911, collège d'enseignement catholique en 1911, puis hôpital pour les prisonniers français blessés durant la Première guerre mondiale. A la fin du conflit, alors que le territoire est redevenu français, les Jésuites ouvrent à nouveau le collège et commencent une nouvelle phase de travaux en 1932 cantonnée essentiellement sur la façade ouest : la partie nord est surélevée d'un étage, afin de l'aligner sur la partie sud ; dans le prolongement de la façade vers le sud, est construit un nouveau corps de bâtiment à deux niveaux (aujourd'hui détruit). Durant la Seconde guerre mondiale, les bâtiments servent de camp de passage et de triage pour les travailleurs étrangers puis centre de rapatriement des prisonniers et déportés. En 1945, les Jésuites ouvrent une nouvelle fois le collège jusqu'à se fermeture définitive en 1970. En 1966, un incendie détruit une partie des combles. A partir de 1972, le quartier est totalement restructuré. De nombreux immeubles sont détruits, les anciens bâtiments de l'abbaye et du collège sont restaurés et deviennent Hôtel de Région en 1982. Dès 1983, les bâtiments sont restaurés, les toitures fortement remaniées, l'intérieur réaménagé afin d'y accueillir les bureaux du Conseil Régional ; en 1987 une vaste salle de plan carré (salle des délibérations des assemblées) est aménagée sous la place d'Arros dans le prolongement des bâtiments du côté nord, tandis qu'un parking soute rrain est aménagé du côté sud sous le square Alexis de Tocqueville.