Théâtre
Théâtre municipal
Théâtre municipal
Bourgogne ; Nièvre (58) ; Nevers ; 1 place de Hôtel de Ville
Bourgogne
Nevers
Reines de Pologne (place des) 8
2023 BL 71 ; 1835 C 673
En ville
Salle du théâtre ; chaufferie ; bureau ; porche
1er quart 19e siècle
3e quart 19e siècle ; 4e quart 19e siècle ; 4e quart 20e siècle ; 1er quart 21e siècle
1853 ; 1898
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La Comédie (4 rue des Quatre Vents) montrant ses limites à la fin du 18e siècle, la Ville de Nevers demande à l'architecte Louis Pierre François Delaporte de rédiger un projet pour une nouvelle salle de spectacle. Le 29 juillet 1805, le préfet valide le principe d'un financement par souscription et le 24 août suivant, la municipalité et l'ingénieur des ponts et chaussées Georges Lebrun approuvent le projet, conçu pour réutiliser l'emplacement du Petit Château. Situé au nord-est du palais ducal, cet hôtel, aussi connu sous le nom de Gloriette, avait été construit par la famille de Gonzague-Nevers : Louis IV (1539-1595) à la fin du 16e siècle puis son fils Charles 1er (1580-1637) au début du 17e siècle. Une société d'actionnaires se constitue le 6 mai 1809, présidée par le préfet Adrien de Plancy et avec pour vice-président le maire Antoine Joseph de Chabrol-Chaméane. Ses statuts sont officialisés le 15 septembre 1810 et le 15 juillet 1811, la Ville lui rétrocède le Petit Château. C'est toutefois un autre projet de théâtre qui est retenu : celui de Lebrun, prévoyant la destruction de la partie occidentale du Petit Château (en très mauvais état), la reprise de son sous-sol avec construction de salles voûtées directement accessibles depuis la rue des Ouches, l'aménagement de la scène au nord (du côté de cette rue) - où sont maintenus une partie des murs - encadrée par deux ailes (avec un café dans celle à l'ouest) et la création d'une salle de 590 places (dotée de galeries), dont le vestibule ouvre sur une promenade au sud. Les démolitions débutent en mai-juin 1809, sous la surveillance de Jacques Bastonneau, entrepreneur de la charpente nommé inspecteur des travaux. Repoussée à la fin de la guerre contre l'Autriche et le Royaume-Uni (5e Coalition), la cérémonie de pose de la première pierre a lieu le 25 novembre, alors que les voûtes de l'étage de soubassement sont bien avancées ou achevées. Celle de la pose de la première ardoise de la couverture a lieu le 25 septembre suivant. Toutefois, les fonds venant à manquer, le chantier s'arrête alors que seul le gros oeuvre est réalisé. Le peintre décorateur Bernardin Lago, qui avait envoyé le 4 octobre 1809 une proposition pour le décor de la salle, établit le 27 avril 1811 un devis estimatif de près de 37 000 livres pour l'achèvement du théâtre. La société n'ayant pas respecté son engagement de construire l'édifice dans le temps imparti, ses membres se voient en 1813 contraints d'abandonner leurs actions à la Ville. Le préfet Fiévée trouve des crédits pour régler les ouvriers et relancer le chantier mais ses efforts sont contrecarrés par les événements de 1814 et 1815 (abdication de Napoléon 1er, épisode des Cent Jours et occupation d'une partie de la France - dont Nevers - par les vainqueurs). Les aménagements intérieurs sont réalisés en 1822 et 1823 sous la direction de l'architecte voyer Porteurrat, assisté de Lago chargé du décor et de la machinerie. La salle est finalement inaugurée le 6 janvier 1824. Si un escalier reliant le niveau du théâtre à la rue des Ouches est créé en 1843, il est question l'année suivante de travaux dans l'édifice même. L'architecte voyer Hippolyte Paillard présente un projet de restauration, actualisé en 1848, qui concerne la salle, le foyer et les loges. La Ville choisit le peintre décorateur Saint-Léon (de son vrai nom Antoine Victor Barbereau), qui propose en 1851 de refaire entièrement l'intérieur (seule la cage de scène sera conservée). Les travaux ne se font qu'en 1853 (Ils seront provisoirement reçus le 12 janvier 1854), dans un contexte de pénurie d'ouvriers obligeant le maire à se tourner vers l'armée pour obtenir menuisiers et peintres, et l'éclairage au gaz est installé dans la salle (il faudra attendre 1874 pour la scène). La sécurité incendie est à l'origine de nouveaux travaux en 1888 avec, d'une part, l'aménagement d'un magasin à décors en soubassement côté cour pour désencombrer la scène et, d'autre part, la création de nouvelles issues de secours : ouverture de nouvelles portes et mise en place d'échelles métalliques contre les murs gouttereaux, modification des escaliers donnant accès au foyer, etc. Ces aménagements ne sont pas suffisants si bien que la Ville commande une étude à l'architecte Charles Brazeau. Ce dernier rend le 10 avril 1894 un rapport comprenant, outre la restauration de la salle, des mesures de sécurité incendie : l'établissement d’un rideau de fer entre la scène et la salle, la construction de cheminements extérieurs (balcons et escaliers métalliques) et d'une marquise. Les plans sont soumis en 1897 au Conseil des Bâtiments civils et modifiés en fonction des observations de Guadet, avec la création d'escaliers hors-oeuvre vers la scène et le remplacement de la marquise par un porche surmonté d'une terrasse. Les travaux sont réalisés en 1898 et 1899, et l’inauguration a lieu le 4 novembre 1899. La terrasse est refaite en 1913 et l'électricité installée à la fin de la Première Guerre mondiale (l'installation sera refaite en 1930). Le théâtre est touché lors du bombardement du 16 juillet 1944 (sans que l'on connaisse l'étendue des dégâts). Il est fermé le 7 juillet 1971 du fait de problèmes de sécurité. Sa restauration est confiée à deux scénographes, Camille Demangeat (de Villeneuve-sur-Yonne) et l’architecte Michel Rioualec (à Sceaux), chargé de l'adapter pour qu'il puisse accueillir des manifestations musicales (musique de chambre et autres). La cage de scène est entièrement refaite et la fosse d'orchestre agrandie (elle peut accueillir 20 à 25 musiciens). Débutant fin mai 1978, les travaux sont reçus en septembre 1980 et le théâtre, dont la jauge varie de 319 à 351 places, est inauguré le 26 septembre. Les façades sont rénovées en 1984 et le soubassement accueille en 1989 le PAC des Ouches, structure destinée à soutenir les pratiques artistiques et culturelles des jeunes, d'où l'aménagement des pièces en salles de concert, de répétition et d'exposition (ce lieu ferme en 2019). Le théâtre est protégé au titre des Monuments historiques le 17 juin 1993. Il ferme en 2010 pour raison de sécurité. Une étude avait été commandée en septembre 2004 au cabinet BL Associés, représenté par l'architecte Jacques Lichnerowicz, pour la restauration du site qui doit retrouver sa vocation initiale. Le chantier, qui ouvre en février 2015, est placé sous la direction de l’architecte et urbaniste Patrice Warnant. Il est retardé par la découverte de la toile de Saint-Léon sous celle de Vernon, toutes deux sont déposées en 2017. La scène est abaissée de 30 cm et rebâtie à neuf en béton armé, à plat ; l’équipement est modernisé ; les réfections touchent le foyer, la salle (revêtements muraux et sol), les loges d’acteurs. Le théâtre ouvre finalement ses portes le samedi 6 octobre 2018, avec une jauge de 334 places. En 2024, il est animé par une équipe de six personnes et accueille en moyenne des spectacles trois jours par semaine.
Calcaire ; moellon ; enduit ; pierre de taille
Ardoise
Étage de soubassement ; rez-de-chaussée surélevé ; 3 étages carrés ; comble à surcroît
Voûte en berceau plein-cintre ; cul-de-four
Élévation ordonnancée
Toit à longs pans brisés croupe brisée ; toit à longs pans croupe ; demi-croupe ; toit conique ; croupe polygonale ; terrasse
Escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie, en charpente ; escalier dans-oeuvre : escalier en vis sans jour, en charpente, en charpente métallique ; escalier de distribution extérieur : escalier droit, en maçonnerie
La façade antérieure est en pierre de taille, les autres élévations en moellons calcaires enduits. Le bâtiment comprend un étage de soubassement, dont la partie centrale est voûtée en berceau plein cintre (la salle principale s'achevant par un cul-de-four), accessible depuis la rue des Ouches qu'un escalier extérieur droit en maçonnerie relie au niveau du théâtre. Le rez-de-chaussée surélevé est surmonté de trois étages carrés (les trois galeries de la salle), desservis par des escaliers tournants à retours avec jour en maçonnerie (deux dans oeuvre vers le vestibule et deux hors oeuvre vers la scène), et d'un comble à surcroît. La salle a un plan en U et, outre ses galeries, elle comporte des loges d'avant-scène et des loges de fond (ou d'entre-colonnes). La scène a un dessous ; les différents niveaux de la cage de scène et les passerelles sont reliés par un escalier en vis métallique. L'aile occidentale (côté jardin) est réservée aux huit loges d'acteur, pouvant accueillir 15 à 20 personnes (au rez-de-chaussée et à l'étage carré, desservi par un escalier à retours en charpente) ; l'aile orientale (côté cour) accueille au soubassement un magasin et un studio d'enregistrement, au rez-de-chaussée un magasin, à l'étage l'administration distribuée par un escalier en vis en charpente. Au sud, le vestibule est surmonté du foyer du public, qui donne sur la terrasse au-dessus du porche. Des toits à longs pans et croupes protègent les corps de bâtiment ; celui sur le corps principal est à longs pans brisés, avec croupe brisée sur le foyer du public au sud, demi-croupe sur la scène au nord. Les deux cages d'escalier hors oeuvre sont coiffées d'un toit polygonal, l'échauguette sur le rue des Ouches d'un toit conique.
Restauré
1993/06/17 : inscrit MH
Façades et toitures, ancienne salle des spectacles (cad. BL 71) : inscription par arrêté du 17 juin 1993.
IM58002065 ; IM58002444 ; IM58002446 ; IM58002445 ; IM58002447
À signaler
Propriété de la commune
1996
(c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
1996 ; 2024
Maulmin Pascale de ; Hugonnet-Berger Claudine ; Poupard Laurent
Dossier individuel
Conseil régional de Bourgogne - Service Patrimoine et Inventaire 17, bd de la Trémouille BP 23502 - 21035 Dijon cedex - 03.80.44.40.55