Commentaire descriptif de l'édifice
La majorité de ces édifices comprend un étage carré. 10,5 % du corpus (29 individus) s´élèvent sur deux étages carrés : il s´agit des immeubles, de quelques hôtels et maisons. Les maisons en rez-de-chaussée, 14 % du corpus soit 39 individus, se répartissent de manière diffuse dans la ville ; leur construction est interdite à partir de la promulgation du règlement municipal de 1834. Les travées sont généralement bien affirmées. 70 % des maisons n´ont que deux ou trois travées, ce qui reflète bien le tracé en lanière du parcellaire, en particulier le long de l´axe rue de l´Escaut-place Pierre-Delcourt-rue Gambetta. Le pan-de-bois et le chaume ont progressivement disparu du paysage urbain, éliminés par la sélection naturelle d'une part, volontairement écartés d'autre part par les règlements d'urbanisme au profit de matériaux résistants au feu et plus pérennes. On rencontre donc actuellement : le grès local de Bonsecours, le calcaire d'âge carbonifère de couleur sombre, gris-noir à reflets bleutés ou gris souris (tirant parfois même sur le beige), le calcaire blanc extrait du Valenciennois et du Cambrésis, la brique rouge et la tuile façonnées à partir de l'argile locale, l'ardoise provenant traditionnellement des Ardennes. Une seule maison (17 rue Neuve, XVIe siècle ?) présente en façade un appareillage de grès. Quelques maisons sont bâties de brique et moellons de grès disposés anarchiquement. La pierre calcaire blanche, gélive, est peu utilisée. On la trouve cependant employée pour quelques élévations complètes de façades, plus souvent en association avec la brique. La pierre bleue s'impose comme le calcaire de référence en usage à Condé. Comme le grès, on l'utilise parfois sous forme de cailloux principalement aux XVIe siècle (pignon du 16 rue du Marais) et au XVIIe siècle. Mais la pierre joue le plus souvent en variation bicolore avec la brique. Pour l'essentiel, elle est employée pour les soubassements, les cordons, les encadrements de baies, les corniches travaillées en talon ou en doucine. Quelques façades sont entièrement élevées en pierre bleue, du soubassement à la corniche ; certaines d'entre elles présentent la particularité d'être construites grâce à un système de poteaux porteurs en pierre monolithe (ex. au 45 rue Gambetta, 1785). Au XIXe siècle, le calcaire est parfois employé sous forme de plaques revêtant le soubassement. Matériau d'apparat, la pierre n'est cependant usitée qu'en façade. La brique en effet reste le matériau de base. Seule ou mariée avec la pierre, elle constitue l'essentiel des maçonneries, sans doute à l'origine enduites. Le matériau de couverture privilégié est la tuile. La tuile flamande traditionnelle (panne) est façonnée selon un profil en S ; des formes dérivées sont apparues avec la fabrication mécanique à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle.¶