Description historique
La caserne est édifiée vers 1720. Elle apparait sur le plan de 1721 dressé par Lajoue (ill.). Elle est construite à proximité du couvent des sœurs grises, et c'est d'ailleurs soue le nom de "caserne des sœurs grises" qu'elle apparait sur le plan de 1769 (ill.). À partir de 1792 (ill.), elle porte le numéro 80 et prend le nom de "caserne Sallée" du nom de la rue qui la borde. Les plans montrent un bâtiment rectangulaire couvert par une toiture à longs pans et croupes. Dans le document État des bâtiments militaires de 1798 (AD Nord, 66J1722), il est précisé qu'elle est destinée à l'infanterie, contient 16 chambres pour 92 hommes et qu'elle est entièrement couverte d'un grenier où les munitions sont stockées. Et le rédacteur précise "en très bon été, on on l'a réparée dans le courant de l'an 3". Cependant, le Mémoire sur la place du Quesnoy rédigé en 1846 en parle ainsi : "On ne sait à quelle époque elle a été construite. Elle a été cédée à la ville et reprise en 1818. Cette caserne est en assez bon état, mais elle est mal aérée et le rez-de-chaussée est humide et malsain. Elle contient 168 lits". Il semble cependant que la caserne ait davantage servi comme gymnase pour les militaires que comme lieu de casernement. À la veille de la Première Guerre mondiale, elle était presqu'exclusivement occupée par les magasins d'habillement du 84ème Régiment d'Infanterie.Ce n'est que sur le cadastre de 1897 qu'apparait le nom de "Palavicini".La caserne est définitivement remise à la ville en 1921. Dans le procès verbal établi par l'armée pour entériner cette remise (AD Nord, 66J1834), elle est ainsi décrite : "D'une contenance totale de 6 ares 61 centiares dont 3 ares 91 centiares de surface bâtie (...), comprenant trois bâtiments. Bâtiment A affecté au magasin d'habillement, avec rez-de-chaussée, étage et combles ; construit en maçonnerie de briques, charpente en bois, couverture en ardoises ; deux escaliers intérieurs en grès ; rez-de-chaussée dallé ; premier étage en partie carrelé et en partie planchéié ; a souffert du bombardement ; l'ameublement intérieur a disparu. Bâtiment B de 3x4 mètres à usage de latrines, en appentis couverture en ardoise ; Bâtiment C à usage de lavoir, lavoir en ciment découvert. Cour pavée en grès". Le prix est fixé à 15 000 francs.La municipalité souhaite au départ en faire une salle des fêtes et un gymnase, mais c'est finalement le choix d'un théâtre à l'italienne qui s'impose. Cette transformation est due à la volonté du maire Daniel Vincent (1874-1946) qui, en 1925, prend une délibération demandant à utiliser les dommages de guerre non pour reconstruire la caserne, mais pour y bâtir ce style de théâtre. La dérogation est accordée (il aurait normalement fallu reconstruire un bâtiment dont la fonction aurait été identique à celle du bâtiment détruit). Cependant, afin de respecter la seconde contrainte liée à l'obtention de dommages de guerre, le théâtre conserve la volumétrie de la caserne qu'il remplace... C'est d'ailleurs tout ce qui rappelle l'ancienne caserne. En effet, les travaux entrainent la suppression des murs intérieurs et le renforcement des murs extérieurs (dont la création d'une nouvelle façade dans le style Art déco), une nouvelle toiture, la construction d'une scène et du cintre qui la couvre, d'une fosse d'orchestre, d'un balcon, de coulisses et de loges. Les travaux commencés en 1925 s'achèvent en 1928. L'inauguration a lieu le 3 février 1929. Sur les vues aériennes de l'IGN de 1929 et 1934, le théâtre est achevé.À partir de 1987, la municipalité envisage la rénovation du théâtre et l'adjonction d'une salle de cinéma. Le projet est confié aux architectes Anne et Jean Dupont-Fauvarque. Les travaux ont lieu entre 1995 et 1998 (datation par comparaison avec les vues aériennes de l'IGN). Le nom "Théâtre des Trois Chênes" est issu d'une consultation des habitants.