Description historique
Au début du XIXe siècle, la commune d’Hardifort ne dispose pas d’une maison d’école propre. Pour pallier cette absence, la municipalité accorde une indemnité de logement à l’instituteur, qui exerce alors dans une habitation jugée insalubre. Dans son rapport du 16 août 1838, l’architecte départemental M. Gervais, en poste à Hazebrouck, déplore l’exiguïté, le manque de lumière et l’insuffisante aération des locaux (AD Nord, 2 O 276/16).Face à cette situation, la commune acquiert une maison à usage d’école et y fait aménager une salle de classe. Le 12 novembre 1839, elle obtient l’autorisation royale de lever un impôt extraordinaire pour financer les travaux.Initialement mixte, la classe unique se révèle vite insuffisante et doit satisfaire à l'obligation de séparation des sexes. Le 29 octobre 1889, la commune procède donc à l’adjudication (ill.) pour la construction d’une école de filles et du logement de l’institutrice. L’ancien bâtiment devient alors l’école des garçons [IA59005785]. L’entreprise d’Auguste Vandewalle, entrepreneur à Houtkerque, remporte le marché après avoir consenti un rabais de 0,60 %. Les travaux, d’un montant total de 14 906,98 francs, sont achevés en 1894. La réception définitive est prononcée le 19 octobre de cette même année, en présence du maire M. Baelen et de l’architecte lillois L. Pennequin. L’État accorde une subvention annuelle de 589 francs. Le décret officiel porte la signature de Ferdinand Buisson, alors directeur de l’enseignement primaire.Le devis estimatif mentionne des matériaux de qualité : pierre de Soignies, pavement rouge, ainsi que des équipements pratiques comme un puits et une pompe. Les archives (déposées aux Archives départementales du Nord, 2 O 276 / 18) conservent trois plans détaillés : un plan d’ensemble, des coupes et élévations, et un plan intérieur illustrant l’organisation spatiale initiale des bâtiments. Les plans dressés à cette date (élévations, coupes et distribution intérieure) permettent de restituer l’organisation spatiale et l’architecture fonctionnelle de cet établissement. L’ensemble comprend deux volumes principaux : - un corps de bâtiment à deux niveaux sur rue, dédié au logement de l’institutrice,- une salle de classe indépendante de plain-pied, orientée vers la cour et associée à un préau.Le rez-de-chaussée regroupe les espaces domestiques (cuisine, salle à manger, pièces d’habitation) côté nord, et une grande salle de classe au sud-ouest. Cette dernière est desservie par un vestibule et donne accès à une cour de récréation attenante, elle-même prolongée par un préau couvert. Le logement comprend un étage, accessible par un escalier intérieur, probablement occupé par les chambres de l’institutrice. En sous-sol, des caves sont prévues, destinées au stockage du charbon et des denrées.L’implantation du bâtiment sur la parcelle respecte une organisation rationnelle : séparation nette des fonctions pédagogiques et résidentielles, orientation optimale des pièces à vivre, aménagement d’un jardin potager - fréquent dans ce type d’établissement pour répondre aux besoins d’autonomie et d’hygiène. Ce programme architectural, fidèle aux prescriptions de l’instruction publique, reflète les standards de l’école communale à la fin du XIXe siècle, tant par sa volumétrie sobre, sa rationalité d’usage que par sa vocation civique. En 2024, l’école primaire d’Hardifort fonctionne toujours dans ces locaux historiques. Intégrée au RPI 20 (Regroupement Pédagogique Intercommunal), elle participe à une organisation scolaire mutualisée avec les communes voisines, assurant ainsi la continuité de l’enseignement en milieu rural (voir annexe).