Description historique
Probato loco apparaît dans un document du cartulaire de l’abbaye de Beaupré daté de 1151. Il se traduit par "lieu estimé", signalant peut-être dès cette époque l’existence d’une place forte. En 1189, il est désigné sous la forme "Provinlieu". Les Chroniques d’Enguerrand de Monstrelet (v.1390-1453) signalent qu’en 1365, les chevaliers Warmes, Hames et Marles défendent le château contre les attaques de l’armée anglaise venue de Montdidier. Il est toutefois détruit puis réédifié par les Anglais et, en 1430 Jean de Luxembourg, lieutenant du duc de Bourgogne, y loge. Il est alors dénommé "chastel de Prouvenlieu" (LAMBERT, 1982). Louis Graves (GRAVES, 1832) lui attribue une autre traduction, celle de "lieu éprouvé" en référence aux attaques qu’il aurait subies pendant les Guerres de Cent Ans.D’après Louis Graves, les fondations circulaires de cette forteresse médiévale auraient été retrouvées lors de la construction du logis actuel. Selon la documentation d’Émile Autiquet qui a transcrit une déclaration des revenus du domaine de Provinlieu, une chapelle aurait été bâtie en 1544 par la famille d’Anglos qui possédait la seigneurie dans la première moitié du XVIe siècle, puis reconstruite en 1661 par Pierre de Rouvroy, seigneur de Puits, Provinlieu et Froissy.Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, c’est Jean-Étienne Le Couteulx qui acquiert la seigneurie de Provinlieu. Sa fille en hérite et épouse Jean-Baptiste Danse, maire de Beauvais en 1771 et représentant de l’une des grandes familles du textile beauvaisien (SEYDOUX, 2010). Le domaine reste alors dans la famille Danse, toujours propriétaire de nos jours. Le logis, conservé à l’identique aujourd’hui, aurait été construit dans les années 1780 d’après les graffitis visibles dans la cave qui portent la date de 1788. Le cadastre de 1809 donne une représentation du domaine juste après la Révolution. Les bâtiments en équerre à l’est du logis ont presqu’entièrement disparu à l’exception des anciennes écuries côté nord. La chapelle, visible en retour du logis, est reconstruite en 1844. Le puits au centre de la cour orientale est toujours en place. La mare à l’entrée ouest de la ferme a disparu. Le pigeonnier a été déplacé à son emplacement actuel, un peu plus au nord-ouest de la cour dans la seconde moitié du XIXe siècle, tout comme le logis du régisseur de la ferme, reconstruit à cette même période.Tous les bâtiments agricoles visibles aujourd’hui à l’ouest du logis (étables, remises agricoles) sont édifiés à la limite des XIXe et XXe siècles. Ils sont tous en place sur le plan cadastral de 1955. En outre, un tas de fumier se trouvait naguère dans cette cour (témoignage oral).L’exploitation agricole, encore en activité, appartient toujours à la famille Danse. Un gîte rural est aménagé dans les anciennes écuries et le logis du régisseur de la ferme.