Commentaire descriptif de l'édifice
Aujourd'hui, les dessins laissés sur les murs de sa maison (dont le jardin est clôturé) montrent des femmes, des animaux, des arbres ou la mer réalisés avec de la peinture pour extérieur, à l’huile de lin. Certaines scènes sont délimitées par des cadres fictifs comme si l'artiste avait exécuté des tableaux et quelques-uns sont même signés. Des visages d’hommes ou de femmes très souriants et à l’air espiègle sont peints sur des panneaux posés sur les rebords de fenêtres comme s’ils regardent ou guettent en s’en moquant le spectacle du monde extérieur. Les autres ouvertures sont elles aussi comblées de panneaux peints comme pour empêcher l’extérieur d’entrer à l’intérieur. À l’avant de la maison, une toile enduite de dessins de fleurs de toutes les couleurs couvre la surface de la fenêtre. Sur la façade latérale, visible de la rue, Henri Dalpez peint de nombreux visages de femmes, des fleurs et des arbres.Aucune des parois y compris celle de la cheminée n’échappe à la peinture. C’est aussi le cas d’autres objets du quotidien en plastique (poubelle, pots de fleurs, chaise, transat, bidons, boîte aux lettres sur laquelle est dessiné un perroquet) qui sont également recouverts de peinture de couleurs vives : vert, jaune, rouge.Un des thèmes favoris de l'artiste semble être les souvenirs de voyage dans des contrées exotiques aux couleurs chatoyantes, agrémentés de beaucoup de dessins de belles femmes. Les animaux emblématiques de l’Afrique tels les girafes, zèbres et lions se dressent au milieu d’une oasis où le vert des palmeraies se mêle au bleu azur du ciel et de l’eau et où des femmes en tenue légère se baignent.On trouve également des scènes qui semblent se passer dans le Grand Nord avec des esquimaux, des phoques et des pingouins perdus sur une étendue blanche. L’ensemble donne à voir des représentations où les détails sont saisissants de réalité. Quelques figures semblant avoir été réalisées plus récemment, représentent des personnages farfelus mi-homme mi-animal comme une guenon ou des visages aux bouches béantes ou en forme de cœur, peints sur la façade côté rue.Henri Dalpez utilise aussi l’écriture comme moyen d’expression et appose sur les murs de sa maison des messages caustiques et mystérieux qui, d’après quelques témoignages, s’adressent à ceux qui n’apprécient pas ses dispositions artistiques et ses couleurs vives. On trouve également des numéros sur les parois de sa maison en béton (616, 95, 42, 27, 275, 98), une annotation "tout le quartier", le mot "con" et une signature "Dalpez Henri".Enfin, devant la maison, des figures pseudo-humaines (buste et tête) très expressives, presque grimaçantes (grand nez, grandes oreilles) et des perroquets géants modelés en ciment et peints de couleurs bariolées sont posés derrière la grille du jardin. Les figures, grimaçantes et peu avenantes, se limitent à un torse sans pieds ni bras ni jambes posé sur un pieu métallique tels des bustes ou des mannequins de couture. Elles sont disséminées un peu partout sur le terrain, en particulier dans le jardinet situé devant la maison. Ils semblent placés ainsi pour délivrer des messages aux passants et au voisinage. Des représentations de perroquets ou aras font d'ailleurs écho, peut-être, aux commérages du voisinage : l'un est réalisé en plâtre peint de rouge et jaune vifs pour le corps et bleu pour les yeux.