Description historique
Avant la fin du 13e siècle, une petite seigneurie fut constituée autour d'une maison forte (dont il subsiste la motte) , implantée près du lac Servières : elle était aux mains d'une branche des seigneurs de Laqueuille qui la tenaient en fief des comtes-dauphins. De cette seigneurie relevaient plusieurs petits villages, ainsi que deux montagnes jointives (au nord de celle de l'Aiguiller) , l'une dite de Combe Perret, située dans la paroisse de Vernines, l'autre dite de Fontanet, située dans la paroisse d'Orcival. En 1422, le seigneur de Servières, pour la célébration de son anniversaire, institua deux rentes assises sur les usagers (herbaciers) de ces montagnes, l'une en faveur du chapitre cathédral, l'autre en faveur du couvent des Cordeliers. Dans les années 1462-1463, l'usage de l'herbe était concédé pour la durée d'une saison moyennant une redevance de cinq sous par tête : le troupeau alors en estive peut être estimé à environ 320 bêtes, réparties entre une douzaine de propriétaires par lots de huit à cinquante bêtes. Une partie des herbaciers était originaire des villages de la seigneurie. D'autres étaient des notables de la bourgeoisie limagnaise, qui confiaient leurs bêtes à un personnel salarié. La vie pastorale s'organisait autour de bâtiments appelés trax, masur, cabana : à chacun de ceux-ci étaient attachés quatre à cinq pasteurs, qui surveillaient le bétail, fabriquaient fromage et beurre et y stockaient ces denrées. Aux XVIe et XVIIe siècles, en raison du statut seigneurial commun des deux montagnes de Combe Perret et de Fontanet, une correction des limites paroissiales eut lieu et ces deux montagnes furent incorporées dans une même paroisse, celle d'Orcival, dont relevait la plus grande partie de la seigneurie. Au début du XVIIe siècle, une partie de la montagne de Combe Perret était exploitée directement par le seigneur qui s'y était réservé vingt cinq têtes d'herbage, le reste étant loué pour l'estive à d'autres propriétaires de bétail moyennant une redevance de 15 deniers par animal. La seigneurie de Servières, morcelée dans la seconde moitié du XVIIe siècle, fut restaurée au XVIIIe siècle. Mais la montagne de Combe Perret resta indivise entre plusieurs seigneurs : en 1781, elle était estimée à trois-cent-vingt têtes d'herbage. Les tras sont répartis dans toute la combe et se remarquent par les creux alignés.