Description historique
Située dans l’enceinte de la ville fortifiée en face des Grands Thermes et du musée Salies, cette parcelle est construite depuis le Moyen Âge, vraisemblablement contre le rempart. Le passage des canalisations antiques à proximité ainsi que la découverte au 19e siècle de l'autel votif romain actuellement exposé aux Grands Thermes laissent supposer qu’un bassin alimenté par la source Salies émergeant à quelques mètres était peut-être aménagé à cet endroit durant l’antiquité. D'ailleurs, des mosaïques - peut-être romaines - auraient été découvertes au rez-de-chaussée du bar, puis bétonnées dans les années 1990. La découverte de l'autel votif est célébrée par le linteau de marbre de la porte latérale portant une inscription.£Une cartographie du 19e siècle y indique la présence d’un établissement de bains, sans toutefois mentionner son nom, et qui ne figure pas sur les cartes antérieures (il s'agit sans doute d'une allusion à la découverte récente des vestiges romains). En revanche, en 1856, par l’accès latéral de l’édifice, se trouve le logement de l’officier de santé Ducos. D'ailleurs, à cette époque, l’édifice, qui n’est pas encore répertorié en tant qu’hôtel, endosse probablement la fonction de pension de voyageurs comme la plupart des constructions intra-muros bagnéraises. Les photographies antérieures à la Première Guerre mondiale montrent que la bâtisse est probablement remaniée au 19e siècle dans le goût académique moderne.£L’édifice, qui appartient alors à M. Albertiny (nom sur le store de la terrasse), se nomme déjà Hôtel Régina au moment de son remaniement dans les années 1930. La façade principale confrontant les Grands Thermes est totalement retravaillée dans le style Art déco en vogue. Conçu comme une œuvre d’art totale avec son mobilier assorti selon l’esprit de ce mouvement décoratif, l’hôtel est alors doté de balcons en béton et fer forgé, mais aussi d’un fronton central qui arbore l’enseigne « Hôtel Régina » en typographie Art déco ainsi que les monogrammes L.A., correspondant traditionnellement à son propriétaire. Il s’agit à l'évidence d’un parent de la propriétaire suivante, Mme Albertini, qui commande une terrasse couverte avec auvent moderniste au rez-de-chaussée de l’hôtel en 1952.£L’hôtel, vivement recommandé dans les réseaux touristiques des années 1950, expose alors ses plaques de reconnaissance, en particulier celles du Touring Club chaque année. Il subit d’autres transformations à la fin du 20e siècle, avec notamment la disparition de son singulier auvent à l’américaine, mais continue de nos jours son activité d’hôtellerie-restauration sous le nom de « L’Hippocampe ».