Description historique
L'abbaye semble avoir été fondée vers 720, 730, par l'évêque de Metz Sigebald pour des moines bénédictins. En 846 peut-être, le chorévêque Lantfrid y fait transférer les reliques de saint Adelphe, dixième évêque de Metz. Neuwiller devient alors un important centre de pèlerinage. Le monastère brûle en 1177, ce qui entraîne la reconstruction progressive de l'église et des bâtiments conventuels. Dès le 13e siècle, les avoués de l'abbaye, les sires de Lichtenberg, accaparent peu à peu les biens et droits des moines. En 1496, l'abbaye bénédictine devient un chapitre de chanoines, auquel est incorporé l'ancien chapitre de Saint-Adelphe ; l'établissement est dirigé par un prévôt ; il compte alors dix-huit canonicats et six vicariats. En 1525, les paysans révoltés pillent le monastère et dévastent l'église. L'année suivante, l'évêque de Metz transfère six canonicats, avec leurs revenus, à la nouvelle collégiale de Fénétrange. En 1614, le nombre des chanoines est réduit à sept. La guerre de Trente Ans achève la ruine économique du chapitre collégial, écrasé par les réquisitions. Dans la seconde moitié du XVIIe siècle se situe un véritable renouveau, dû au prévôt Lambert de Laër (1678-1709). Les statuts de 1709 fixent le nombre des chanoines à quatorze. En 1725, ces derniers sollicitent l'autorisation de s'établir à Saverne, ce que l'évêque de Strasbourg leur refuse. Leurs logis, dispersés dans l'enclos, étaient alors en mauvais état. Les reconstructions se situent au milieu du siècle, l'hôtel du prévôt date de 1748, la fontaine de 1751-1752 et trois nouvelles maisons canoniales de 1766. Une grande cour est créée vers cette date au nord de l'église, grâce à la suppression du cimetière et de la chapelle Saint-Nicolas du 11e siècle. Le cloître, au sud de l'église, figure encore sur le plan de 1753, mais n'apparaît plus sur celui de 1780 ; il n'était pas voûté, son sol était plus bas que celui de l'église à laquelle les moines accédaient par un escalier et une porte dans la face ouest du bras sud du transept (deux fragments de chapiteaux romans, découverts l'un dans le mur de l'enclos et le second dans une élévation de la maison canoniale abritant le presbytère, sont supposés provenir du cloître). L'aile sud (détruite) des bâtiments conventuels existait encore en 1780. Au moment de la Révolution, le chapitre de chanoines disparaît ; les maisons canoniales sont vendues en 1792. L'ancienne église abbatiale, dans laquelle les offices paroissiaux avaient déjà lieu au milieu du 18e siècle, devient siège de la paroisse.