Description historique
Avant 1356, l'église de Dachstein n'était qu'une chapelle castrale dans l'enceinte du château épiscopal, déjà dédiée à saint Martin. A cette date, elle fut transférée à l'emplacement de l'église actuelle par l'évêque de Strasbourg Jean II de Lichtenberg (1353-1365) qui y fonda un monastère de chanoines augustins dédié à la Vierge et à saint Martin. De cette époque datent les murs nord et sud du choeur, avec leurs fenêtres à réseau, la petite baie simple, réutilisée comme encadrement de niche sur le mur sud de la nef, et peut-être le début d'arc encastré dans le mur nord de la nef. Le choeur était peut-être voûté à l'origine, ce qui expliquerait la présence de contreforts, dont un, entre les deux baies du mur sud, fut supprimé au 20e siècle (encore visible sur une photographie de 1905) ; dans le cas contraire, il est néanmoins fort probable qu'on ait conçu de le voûter au moment de la construction. Quoiqu'il en soit, la pente de sa toiture fut atténuée lors de travaux ultérieurs comme les traces sur le pignon est et la présence d'une corniche juste au-dessus des baies le laissent deviner, mais l'amortissement au sommet du pignon est du choeur paraît être d'origine. £Cet établissement ne subsista qu'une quinzaine d'années car l'évêque Lambert de Buren (1371-1374) le supprima, faisant de l'église une simple paroissiale. Sa nef fut par la suite modifiée à de nombreuses reprises. Une campagne de construction importante se déroula à la fin du premier quart du 16e siècle ; il en subsiste quelques témoins utilisés en remploi lors de modifications ultérieures de la nef : le linteau de la porte principale, gravé de la date 1521 (millésime jusqu'à présent lu 1721 en raison de la forme du 5) autour des armoiries bûchées de l'évêque de Strasbourg Guillaume III de Honstein (1506-1541), un bénitier encastré dans le mur sud, deux corbeaux (dont un porte une marque de tailleur de pierre en forme de carré divisé en 4 carrés) et une console ou un corbeau, encastrés dans le mur nord de la nef. Lors du dernier recrépissage de l'édifice, on mit au jour deux portes murées sur les façades nord et sud de la nef, dont seule celle côté sud, avec sa petite baie jointive, a été laissée visible. Plus loin vers l'est, une porte présente un encadrement qui, bien qu'encore dans la tradition de la Renaissance, date vraisemblablement de la dernière campagne importante de travaux de modification de la nef vers 1732. De cet agrandissement date également le clocher actuel dont la couverture en bulbe fut remplacée à l'identique en novembre 1982 (on remplaça alors aussi le coq de la girouette, mais on conserva la croix sommitale en fer forgé qui serait datée 1878 selon des travaux historiques). Les fenêtres des murs latéraux de la nef pourraient en partie dater du 18e siècle, mais ont été agrandies au 19e. En 1907, deux baies et deux portes néo-gothiques furent ajoutées sur la façade occidentale (date gravée sur le linteau de la porte nord) sur laquelle existait déjà auparavant au moins une ouverture en arc brisé au nord, d'après une photographie ancienne.