Description historique
Le château primitif se présentait comme un château à l'enceinte polygonale, avec un mur-bouclier flanqué de deux tours du côté de l'attaque, renforcé de fausses-braies. Il a été édifié sur les terres de l'abbaye de Munster à partir d'avril 1261, au cours du Grand Interrègne, par Walter de Géroldseck, père de l'évêque de Strasbourg homonyme, seigneur de Lahr (Pays de Bade) et avoué de l'abbaye de Munster. Suite à la défaite de l'évêque de Strasbourg à la bataille de Hausbergen contre les Strasbourgeois, le château est entré en juillet 1262 dans les possessions de l'évêché de Bâle pour y demeurer sans interruption jusqu'à la Révolution française. La forteresse a été confiée d'abord à un bailli, puis engagée à la famille Munch de Landskron au milieu du 14e siècle, qui la conserva jusqu'à la fin de ce siècle (1396 ?). En 1401, le château a été inféodé à la famille Beger de Geispolsheim jusqu'à l'extinction de celle-ci en 1532. Au début du 15e siècle, l'évêque de Bâle offrit 600 florins à Jean Beger, avoué de l'évêché à Délemont, pour remettre le château en état. Celui-ci est en possession de Jacques Beger à partir de 1476. Selon la chronique de Materne Berler, J. Beger consacra dès 1496 10 000 florins pour fortifier le château en chemisant les fausses-braies, les faces internes Sud et Est de son enceinte et en percant de nouvelles ouvertures pour le tir de canon. L'emploi généralisé de la brique dans le château remonte à ces travaux. C'est probablement aussi à J. Beger que l'on doit le décor peint de la chapelle Sainte-Anne (roi, ange, sainte, semis d'étoiles), connu par les dessins de Henri Lebert (1825) et de Laurent Atthalin (1853). En 1533, le château passa en fief à l'écuyer Pierre Scher, dont les descendants entreprirent des travaux au courant du 16e siècle. Le château est déclaré en ruines après la Guerre de Trente Ans, que l'abbaye de Munster racheta en 1725. Au début du 19e siècle, la famille Hartmann acquiert le site du Schlosswald avec les ruines du château pour l'aménager en un jardin anglais comprenant promenades et terrasses (Place de Caroline, Place Napoléon). Au début de la Première Guerre mondiale, l'armée allemande a fait construire un bunker dans la cour intérieure du château, qui fait alors fonction de poste d'observation pour l'artillerie.