Description historique
Dans la lignée des travaux apportés à l’église en 1835, l’ancien cimetière autour de l’église cessa d’être en usage et un nouveau cimetière fut établi à l’Est du village, autour de la chapelle Thiébaut. Les frais liés à la reconstruction de l’église intègrent ceux du nouveau cimetière, notamment la clôture en pierre et la grille en fer de l’entrée. Un courrier signé du maire de la commune Claude Antoine Delaroche, le 1er août 1833, atteste l'acquisition du terrain afin de construire cette clôture, en dédommageant quatre propriétaires. Un plan daté du 6 août 1835 précise l'emplacement des quatre parcelles des champs destinés à former le cimetière. Le 30 décembre 1835 eut lieu le premier enterrement dans ce cimetière. Reconnu insuffisant, des terrains furent acquis par la commune en 1863-65, son agrandissement, fait l'objet du devis de l'architecte Servas, daté du 3 février 1863. Cet agrandissement est encore visible sur le cadastre actuel: la parcelle triangulaire du cimetière fut augmentée d'un terrain de forme rectangulaire, à l'Est de la parcelle. A l’intérieur du cimetière se trouve une chapelle dédiée à Notre-Dame de Pitié, ainsi qu’à saint Thiébaut et sainte Jeanne, patrons des fondateurs. Cet oratoire fut en effet fondé par Messire Thiébaut Fyard et de Jeanne Cholon, son épouse, de Faverney. La première pierre fut posée le 16 septembre 1677 par Thiébaut Anney, leur neveu, curé de Baulay. A l’origine cette chapelle avait trois murs et la façade principale était fermée par une balustrade cintrée protégée par un avant-toit. Malgré les dimensions réduites de l’espace intérieur, la messe était célébrée sur l’autel. En 1791, l’oratoire est vendu en tant que bien national. L’oratoire fut racheté plus tard par Claude Antoine Delaroche, maire de Baulay entre 1806 et 1837, qui le restitua à sa destination d’origine. La messe y fut ainsi célébrée de temps en temps jusqu’en 1832, l’état trop alarmant de l’édifice empêchant la pratique du culte par la suite. En 1831, l’édifice est en effet dans un état plus que préoccupant : les murs se dégradent et l’avant-toit menace de s’écrouler. Jean Courbet, le curé de Baulay la fait alors restaurer et agrandir. La balustrade d’entrée est remplacée par une façade en pierre avec une porte cintrée en pierres de taille. Les fonctions cultuelles reprennent et les enterrements aussi. En 1854, une épidémie de choléra fit de nombreuses victimes et les paroissiens se regroupèrent pour faire des prières collectives. Dans ce contexte, un engagement solennel fut pris au nom de tous les habitants, prononcé par le curé de la paroisse, Monsieur Briffaut: celui de restaurer l’édifice. Une souscription fut lancée et les travaux débutèrent en 1855. Monsieur Briffaut dirigeait les travaux quand il fut appelé pour officier dans une autre commune en 1856, ce qui eut pour conséquence d’interrompre les travaux pendant plusieurs années. De plus les fonds manquèrent et les ouvriers furent occupés par le nouveau chantier de la ligne de chemin de fer qui se construisait à Baulay au même moment. Enfin, en 1860, les travaux reprirent, d’abord les réparations les plus urgentes, puis la décoration intérieure fut complétée. La chapelle fut reconstruite dans de plus grandes dimensions, 10 mètres de long sur 5 mètres de large. L’autel fut confectionné dans les ateliers de Charton Froissard, sculpteur à Dampierre de l’Aube, avec des débris de l’ancienne chapelle. Les niches du retable sont ornées de trois statues, Notre-Dame de Pitié, saint Thiébaut et sainte Jehanne, qui viennent des ateliers de sculpture religieuse de Léon Moynet, à Vendeuvre-sur-Barse, dans l’Aube (10). La bénédiction de ce nouveau sanctuaire fut faite le 13 avril 1863. La messe et les premières communions y sont célébrées à partir de 1863. L'abbé Menigoz, curé de Baulay mort en 1875, et l'abbé Louis Guyot, curé de Baulay mort en 1924, sont inhumés dans la chapelle, comme en témoignent deux plaques funéraires à l'intérieur de la chapelle. Le 24 avril 1904, le Conseil municipal décide de dédier une concession du cimetière à l’érection d'un monument à la mémoire des jeunes du pays morts pendant la guerre de 1870-1871. Dans la chapelle, l'autel, le retable et la statue de Notre-Dame-de-Pitié sont protégés au titres des Monuments historiques, inscrits depuis le 07 mars 1977.