Description historique
La construction du souterrain intervient suite à la création du Service spécial de la Saône qui doit améliorer la navigation de la Saône de Gray à Port-sur-Saône, et du vote de la loi du 19 juillet 1837 organisant les travaux sur la Saône entre Port-sur-Saône et Verdun-sur-le Doubs. Le tunnel de Saint-Albin permet de couper un méandre important de la Saône ; le projet initial comprenait la construction d'un tunnel et d'une maison pour surveiller la traversée du tunnel. Le tunnel disposera de portes en bois qui permettront de le fermer en cas d'incidents ; les charnières qui tenaient ces portes sont encore en place.L'ingénieur Philippe Lacordaire du Service spécial de Haute-Saône, est responsable du chantier qui débute en 1837. La première phase commence par le dégagement des entrées et le creusement de puits au centre du tunnel (40 m de profondeur). Intervient ensuite le percement de galeries juste au-dessous du sommet de la voute actuelle ; les galeries se poursuivent tout au long du tunnel. Au fur et à mesure de l'avancée des travaux, des cintres en bois sont installés pour soutenir la voute. Les ouvriers emploient la terre évacuée des galeries (au nombre de six) pour construire les murs et le radier. Les puits, toujours en place, ont pour mission de ventiler le tunnel mais ouvrent également des accès pour enlever les matériaux du chantier. Pour percer la roche, les ouvriers utilisent de la poudre à canon. En 1843, à la fin du chantier, tous les puits sont rebouchés hormis celui du milieu. Parmi la centaine d'ouvriers qui œuvre à la construction du tunnel, on compte de nombreux italiens ; ils sont réputés pour le percement des tunnels. Lacordaire décide de ne pas installer de banquettes de halage dans le tunnel ; il les remplace par des chaines qui serviront à haler les péniches. Ce système se révéla moins couteux.Le tunnel fut achevé en 1843 mais Il faudra attendre 1880 pour qu'il soit mis en service après la fin des derniers travaux dirigés par l'ingénieur Bouvaist. Lors de son ouverture, le tunnel et le canal étant à sens unique, les mariniers disposaient d'un almanach qui leur donnait les plages horaires de passage pour chaque jour de l'année (par rotation de trois heures), que le bateau soit avalant ou montant. Désormais, des feux de signalisations indiquent aux bateaux s'ils peuvent s'engager ou non dans le canal souterrain. Les murs de cuvette amont et aval sont restaurés en 1955.