Description historique
A l'origine du développement de la ville, la construction du château fort, vers le milieu du XIe siècle, avait pour but à la fois de protéger la frontière occidentale du Maine, et de contrôler le franchissement du Loir.£Le choeur de la chapelle castrale, Notre-Dame-du-Chef-de-Pont, fut remanié entre le XIIIe et le XVe siècle. La grosse tour, qui s'élevait sur la première arche de l'ancien pont, correspond peut-être au remaniement mentionné dans la seconde moitié du XVe siècle. En 1539, l'édifice fut délaissé par Françoise d'Alençon au profit du " château neuf ", le futur collège des jésuites, élevé dans le nord de la ville. A la fin du XVIe siècle, le château était considéré en mauvais état.£Devenu propriété royale après l'accession au trône de Henri IV, qui avait hérité de son père la seigneurie de La Flèche, le château fut donné par Louis XIII aux carmes de la ville dans le premier tiers du XVIIe siècle. La chapelle, qui était jusqu'alors desservie par le clergé de Saint-Thomas, fut agrandie vers 1621. Les baies du choeur datent du XVIIe siècle. Les religieux n'ont, semble-t-il, abandonné leur ancien couvent de la rue du Rempart que dans le troisième quart du siècle, après que des travaux d'appropriation furent confiés à l'architecte ludois Charles Cesvet. Celui-ci démarra en 1661 la construction du cloître qui fut continué en 1667 par le maître charpentier fléchois Antoine Roux. Vers 1692, furent élevés de nouveaux bâtiments (le logis ?) par le maître tailleur de pierre fléchois Julien Ameillau et le maître charpentier fléchois René Millet, peut-être également suivant les plans de Cesvet.£Vendu comme bien national, l'édifice fut converti en hôtel, ce qui entraîna certains remaniements. La construction du pavillon méridional dans la seconde moitié du XIXe siècle transforma en U le plan du logis, dont l'intérieur fut également renouvelé. Certaines galeries du cloître furent transformées en orangerie. La grosse tour, dont, seule, la partie nord fut conservée, fut rhabillée à la mode néo-gothique dans le dernier quart du siècle : pignons découverts, voûtes d'ogives, décor sculpté.£La ville acheta l'édifice en 1909 et convertit le logis en mairie. Le musée et la bibliothèque municipale furent installés dans la chapelle, ce qui entraîna la transformation de ses élévations. En 1919, un incendie détruisit en grande partie le cloître et le logis qui, seul, fut reconstruit en 1926-1927 sous la direction de l'architecte de la ville Rémi Freslon. Par la suite, les bureaux de la mairie furent aménagés dans la chapelle.£A l'est du château, l'ancien " parc des carmes " qui jouxte les anciens jardins du château de la Varenne, aménagés au XVIIe siècle, fut remanié par Dandalle, architecte paysager de la ville d'Angers.£En 1991, de nouveaux bâtiments administratifs furent élevés dans l'angle sud-est de la cour, suivant un projet qui intégrait les ruines du cloître.