Commentaire concernant la datation
daté par source ; daté par travaux historiques ; daté par source ; daté par travaux historiques
Description historique
Cette filature de coton est construite en 1860 par la société Fauquet et Cie et démarre son activité l’année suivante. L’usine est édifiée en bord de Seine et est reliée par une voie particulière à la ligne de chemin de fer Paris-Rouen qui passe à proximité. Elle bénéficie ainsi des moyens de transport ferré et fluvial pour son approvisionnement en matière première (coton) et en combustible (charbon). Elle dispose pour entrainer ses métiers renvideurs totalisant 45 000 broches de deux machines à vapeur de 120 CV chacune qui consomment 2 000 tonnes de houille par an. En 1872, une chaudière à vapeur timbrée à 6,5 kg est rachetée à la société papetière du Marais installée à la Ferté-Ganches (77). Dans les années 1870, la production de l'usine atteint 1 000 000 de kg de coton filé par an. Cette production consiste en fils d’une grande finesse pour lesquels l'entreprise Fauquet obtient une médaille d'or lors de l'exposition internationale de Paris de 1878. La même année l’usine emploie 334 salariés dont 151 hommes et 183 femmes. C’est alors le plus important établissement textile d’Oissel : sa capacité de production est supérieure à l’ensemble des autres filatures établies sur la commune. Pour loger une partie de ses ouvriers, Fauquet fait édifier à l’est de son usine une importante cité ouvrière comptant une soixantaine de maisons en bande d’un étage disposant toutes d’un jardinet en façade. Outre le logement, le personnel de la filature Fauquet bénéficie d’autres avantages tels que : une caisse de secours mutuel pour les malades, une caisse de prévoyance et de retraite alimentée par une participation aux bénéfices. Ces actions sociales sont saluées par le député Jules Ferry lors de sa visite de l’usine le 21 décembre 1878.En 1885, l’établissement est repris par la société anonyme de la Filature d'Oissel dirigée par Georges Leverdier et dotée d’un capital de 1 600 000 F, puis en 1898 par la société Le Verdier. L’usine connait à cette période une importante phase de modernisation. En 1896, une nouvelle chaufferie est construite et un générateur d'une surface de chauffe de 92 m², timbré à 12 kg est installé. En 1901, les anciens métiers renvideurs sont remplacés par des continus à filer plus performants. En 1905, 3 chaudières semi-tubulaires sont déclarées par la société Le Verdier.A la veille de la Première Guerre mondiale, les ateliers comptent 19 760 broches de continus alors que le nombre de broches renvideuses passe de 45 000 à 36 000. L’usine bénéficie d’une réputation d’envergure nationale pour la qualité de sa production.Au sortir de la Grande Guerre, la filature d’Oissel ne compte plus qu’un effectif de 227 salariés. Pour autant la politique de l’entreprise est de renforcer les moyens de production : le remplacement des métiers renvideurs par des continus à filer se poursuit, de sorte qu’en 1935 la filature dispose de 27 120 broches de continus et de 10 704 broches de renvideuses. A la même époque, un atelier de filature utilisant les déchets est mis en service. Cependant malgré ces investissements, l’usine est fortement impactée par la crise économique de 1929. Son activité connait un net ralentissement dès 1932, et deux ans plus tard Georges Leverdier est contraint de fermer l’usine après avoir assuré le reclassement de l’ensemble de ses ouvriers.Une fois la crise passée, Georges Leverdier se rapproche de Robert De Ménibus, industriel du textile à Déville-lès-Rouen afin qu’il reprenne son établissement. Le rachat est effectué en 1936 et la production est relancée aussitôt avec l’embauche de près de 300 ouvriers. C’est à cette période qu’est édifiée à l’ouest de l’usine une seconde cité dédiée au personnel qualifié et d’encadrement composées essentiellement de maisons individuelles ou jumelées d’un étage, toutes entourées d’un grand jardin.Durant la Seconde Guerre mondiale, l’usine subit plusieurs bombardements. La plupart des ateliers sont détruits et les quelques machines sauvées des décombres sont transférées à la filature de Déville relativement épargnée.La reconstruction de la filature d’Oissel permet le redémarrage de la production en 1951 avec 18 000 broches c’est à dire bien en deçà de sa capacité d’avant-guerre. En 1960, sa production annuelle de coton filé atteint néanmoins 1 800 000 kg pour un effectif de 220 employés. Mais la crise cotonnière provoquée par la concurrence étrangère contraint la société De Ménibus à fermer ses usines dont la filature d’Oissel le 31 décembre 1968 laissant au chômage 235 ouvriers dont 120 femmes. Au moment de l’enquête, le site divisé en six parcelles abrite divers petits ateliers de confection et de conditionnement.