Description historique
L'hôtel de ville de La Ferté-sous-Jouarre a été construit entre 1881 et 1885 sur les plans de l'architecte parisien Paul Héneux, également auteur de la mairie des Lilas, en banlieue parisienne. Il a été édifié à l'emplacement de l'ancienne mairie, qui comportait deux niveaux de caves.Le projet a été choisi à l'issue d'un concours organisé par la municipalité en 1881. Les 2e prix ont été attribués à Ch. Wable et H. Zobel, et les 3e prix, à Tassu et L. David, tous quatre architectes à Paris.Les travaux de maçonnerie ont été exécutés par les entrepreneurs parisiens Salesse et Lécosse, la charpente, par les ateliers Triaud de Reims. Le décor, particulièrement soigné, a été réalisé par Albinet pour la sculpture architecturale (par exemple, les chapiteaux des colonnes à l'entrée), Bernard pour la serrurerie, Avenet pour les vitraux. La menuiserie a été confiée à un artisan local, Deshayes, qui a d'ailleurs inscrit son nom aux côtés de celui de l'architecte, dans un médaillon au plafond du couloir situé derrière le vestibule. Les mosaïques de pavement sont dues à la maison Facchina et les carreaux de céramique vernissée ornant les cheminées sont des produits de la Faïencerie Loebnitz à Paris.La chimère qui orne le départ de l'escalier d'honneur, ainsi que le buste de la République, sur la cheminée de la salle des fêtes et des mariages, sont l'oeuvre du sculpteur Maximilien Bourgeois, qui est également l'auteur de plusieurs sculptures conservées dans l'hôtel de ville : une allégorie de La Ferté-sous-Jouarre et un buste de Guillaume Budé. Le décor peint de la salle des mariages, avec son Cupidon tirant une flèche, porte la signature du peintre Léon Glaize, à qui l'on doit aussi les deux grands tableaux ornant le vestibule : "La Trahison de Dalila" et "L'allégorie de la guerre de 1870", ode à la République chassant l'Empire, à mettre en relation avec le "Triomphe de la République" exécuté en 1891 par le même artiste pour la mairie du XXe arrondissement de Paris. Enfin, le médaillon représentant Jacques Amyot, sur la cheminée du bureau du maire (aujourd'hui occupé par son chef de cabinet), est l'oeuvre d'Ernest Leblond, un amateur, ami de Paul Héneux.