Description historique
"Documents figurés :Le cadastre de 1813 (doc. 1) figure un édifice de plan allongé avec un bas-côté saillant au nord de la nef, des bâtiments occupent la parcelle mitoyenne au nord. L´édifice est également connu par les représentations qu´en donnent le cadastre de 1851 (doc. 2), le plan figurant dans la monographie de G. Durand et les photographies de Martin-Sabon (avant 1896).Sources :Les sources conservées aux archives départementales (série G) comprennent de nombreux testaments des 17e et 18e siècles, attestant des inhumations dans l´église.Travaux historiques :Selon H. Dusevel (1825), l´église Saint-Germain est "un assez bel édifice", agrandi en 1477 avec des matériaux provenant des anciennes fortifications de la ville. Selon A. Goze (1854), l´église était bordée par un cimetière créé en 1495, comme ceux de Saint-Rémy et de Saint-Leu.Pour H. Calland, "ce joli vaisseau de style ogival flamboyant, d´une architecture assez délicate" est "après la cathédrale l'édifice religieux le plus régulier de la ville. [...] L'intérieur, en voie de restauration, plaît à l'oeil par la légèreté de ses voûtes". Construite au début du 15e siècle, elle est agrandie en 1477 avec des matériaux provenant des anciennes fortifications. Les portes en bois sculpté des portails datent du 16e siècle, comme la tour de clocher. L´auteur se réjouit de la disparition des "logettes hideuses, noires et puantes, qui en déshonoraient les murs".Deux sources principales documentent l´église Saint-Germain, les travaux de Guérard (1860) et ceux de Durand (1893).Pour Guérard (1860), l´existence d´une chapelle, dédiée à saint Germain l´Écossais et construite pour Gui d´Amiens, seigneur de Vignacourt et sa femme Mathilde, est attestée par un acte de donation au prieuré Saint-Firmin du Val, en 1131. La paroisse est mentionnée en 1198 par un accord entre l´évêque et l´abbé, ratifié par l´archevêque de Reims, puis par le pape Honorius III (également dans Darsy, 1869). Cette église, qui aurait été détruite par un incendie en 1218 (repris de Daire, 1757), est sans doute reconstruite avant 1280.Des terrains, situés au nord de l´ancienne église, sont acquis en 1415 et ajoutés à ceux du presbytère, du cimetière et de la portion de rue où ils sont placés, en vue de l´agrandissement de l´édifice, qui dessert une des plus grandes paroisses de la ville. La construction de la nouvelle église débute au milieu du 15e siècle et s´achève en 1560.La construction de la nef succède à l´acquisition de nouveaux terrains (entre la rue du Four et la Poterie), en 1452. En 1470 et en 1477, trois maisons sont achetées pour permettre de rallonger l´église (construction du chœur) et d´achever la construction. Le chœur commencé en 1478 est achevé vers 1486. Une logette en dur lui est adossée au coin de la rue du Four et de la Poterie. La sacristie (petite salle voûtée en pierre), qui se trouve derrière le sanctuaire, est sans doute construite en même temps que le chœur. Le premier clocher est remplacé par une tour carrée en pierre, en 1484.En 1559, les marguilliers achètent une maison voisine de celle donnée par Claire Dupont et Marie Delattre pour élargir et augmenter la nef. La fabrique désire également agrandir le cimetière et achète pour cela la maison, dite le Plat d´argent qui appartient à Jean Pingré. Le bas-côté nord vient alors compléter l´édifice ; le presbytère est transféré vers l´abside, avec son entrée rue de la Poterie.Pour G. Durand (1893), l'église Saint-Germain, "sans être un monument de premier ordre, n'en constitue pas moins dans l'exiguïté de ses proportions et la simplicité de son ornementation un joli et curieux édifice du 15e siècle". Confirmant, en partie, les recherches de M. Guérard, l'auteur retrace l'historique de l'église paroissiale, dont on ne connaît pas les origines mais dont la mention la plus ancienne remonte à 1131. Il met cependant en doute l´hypothèse de la reconstruction de l´église avant 1280, qui ne repose sur aucune source.En 1470 et 1471, des lettres patentes de Louis XI autorisent l'agrandissement de l'église, attribué au maçon amiénois Robert Lemoustardier par H. Dusevel ; les travaux ne commence qu'en 1478 et se prolongent jusqu'en 1487, date à laquelle la construction de plusieurs échoppes est autorisée le long de l'église. Elles seront supprimées en 1854.En 1582, la couverture en tuiles du clocher est remplacée par des ardoises. Le clocher est alors sommé d'un comble en charpente exécuté par Antoine Cardon de Cottenchy et Robert Durot d´Amiens. Les dessins conservés dans les archives paroissiales figuraient une charpente de trente pieds de haut avec une lucarne sur chaque face. A sa base, une galerie plombée était ornée de quatre statues réalisées par Guérart de Françières, entailleur d'images à Amiens. Celle-ci sera supprimée en 1782.Les travaux de restauration de l´église, endommagée lors du siège de 1597, sont réalisés par le maître maçon Pierre Legaucher et s´achèvent en 1604.En mai 1855, le Conseil municipal adopte le projet de restauration de l´église. Les travaux sont conduits de 1855 à 1877 par l´architecte communal Henry Antoine et l´exécution est confiée à M. Vast-Gaillet puis, après son décès, à M. Guénard, entrepreneurs formés par Viollet-le-Duc. La dépense totale de la restauration, financée aux 2/3 par la ville et au 1/3 par les dons recueillis par MM. Solente et Daveluy, curés de l´église, est de 270.000 francs. Les voûtes déformées sont presque entièrement refaites, en réemployant les clefs et les nervures d´origine à chaque fois que c´est possible ; quelques clefs sont refaites ; l´humidité ayant rongés les piliers du chœur derrière les boiseries, il faut remplacer la pierre à plusieurs endroits ; des piliers notamment dans la nef, sont repris en sous-œuvre ; l´église est entièrement ravalée à l´intérieur pour faire disparaître les raccords entre l´ancien et le nouvel ouvrage et pour faire disparaître les traces de badigeons et avaries. A l´extérieur, les pinacles qui ornent les contreforts et les balustrades sont remplacés ; plusieurs arcs-boutants sont consolidés et d´autres presque entièrement refaits ; des tirants de fer sont installés pour éviter l´écartement des voûtes ; les remplages sont refaits sur plusieurs fenêtres ; la déchirure qui s´est produite entre le clocher et l´église en raison de son inclinaison vers le nord est bouchée ; la maçonnerie de la partie haute de la tour, les ouïes et la flèche en charpente sont refaites ; les combles des bas-côtés sont supprimés et remplacés par des terrasses zinguées pour éviter les noues (d´après les renseignements fournis par M. Antoine). La peinture murale de saint Nicolas est déplacée de la 1e travée du bas-côté nord du chœur, sous l´appui d´une fenêtre, à la chapelle où se trouvait la Mort de Marie ; elle est alors restaurée par Désiré Le Tellier. Vers 1878, on sculpte les armes de Pie IX et Léon XIII sur les ventaux du portail occidental.Selon le Dictionnaire historique et archéologique de Picardie (1909), l'église Saint-Germain, construite aux 15e et 16e siècles, est le sanctuaire le plus remarquable de la ville.La fiche rédigée par le service d´animation du patrimoine indique que l´église Saint-Germain-l´Écossais est construite en plusieurs campagnes de travaux : le clocher hors-œuvre (début 15e siècle), la nef (1440-1450) et le chœur (1470-1480), correspondant à un agrandissement de l´église. Le bas-côté nord est agrandi vers 1550.L´édifice fait l´objet de nombreuses campagnes de restauration, après le siège des Espagnols (1597), puis au milieu du 19e siècle (de 1855 à 1877).L´édifice est endommagé en 1918, puis en 1940, date à laquelle un incendie détruit le pignon sud et une bonne partie du mobilier. Il est à nouveau restauré de 1957 à 1965 (chaînage des murs en béton armé et réfection des arcs-boutants, de la couverture et des fenestrages), puis de 1972 à 1974 (dallage), enfin en 1992 (clocher)."