Siècle de campagne secondaire de construction
2e quart 18e siècle ; milieu 18e siècle ; 2e quart 19e siècle ; 3e quart 19e siècle ; 4e quart 19e siècle
Commentaire concernant la datation
daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par source ; daté par source
Description historique
D'après ses éléments stylistiques et notamment son décor sculpté, l'église abbatiale a probablement été construite vers le deuxième quart du 12e siècle. L'église comprenait à l'origine une nef de sept travées flanquée de bas-cotés, un transept saillant à deux absidioles orientées et un chœur de deux travées à abside semi-circulaire. La première travée du bas-côté sud est transformée au 13e siècle en soubassement de la tour-clocher. La présence de corbeaux au-dessus des grandes arcades de la nef, ainsi que le fait que les fenêtres hautes de la nef et les baies du bas-côté sud ne reprennent pas l'ordonnance des grandes arcades indiquent peut-être plusieurs campagnes de construction. Comme à la collégiale Saint-Aubin de Guérande (Loire-Atlantique), dont la construction est contemporaine, les grandes arcades de la nef sont soutenues par une alternance de piliers cylindriques et fasciculés.Au 16e siècle sont datées plusieurs campagnes de travaux. Le terrassement du parvis entraîne un remaniement partiel du portail occidental, dont les ébrasements ont été abaissés, et des pilastres cannelés intercalés entre les chapiteaux et la voussure. Tandis qu'une sacristie est aménagée à l'emplacement de l'absidiole du bras nord du transept, l'absidiole du bras sud est détruite et l'arcade accueille la Mise au tombeau. Une poutre de gloire est installée entre la nef et le chœur.Durant la guerre de Trente ans, l'abbaye est pillée le 4 octobre 1639 puis incendiée en septembre 1641. Deux ans plus tard, l'abbesse Angélique Marie de Bournel instaure la clôture des religieuses et l'église paroissiale est alors séparée en deux parties : le chœur, le transept et les deux dernières travées de la nef réservées aux religieuses, les cinq premières travées de la nef et du bas-côté sud (à l'extrémité duquel est aménagée une sacristie) pour les paroissiens. L'autel de cette dernière église est adossé au mur de séparation avec le sanctuaire conventuel, tandis qu'un autre mur entre les piliers la sépare du bas-côté nord resté à la disposition de l'abbaye. Le clocher est restauré et surélevé en 1745, coiffé d'une flèche en 1766 et pourvu de trois nouvelles cloches en 1774.L'abbaye est dévastée durant la Révolution, et la partie de l'église abbatiale réservée aux religieuses est aliénée puis détruite, avant d'être plus tard reprise par la commune. L'église devient église paroissiale après le Concordat. Après son classement sur la première liste des Monuments historiques en 1840, l'ancienne abbatiale est visitée l'année suivante par Hyacinthe Dusevel, inspecteur des Monuments historiques, qui en dresse un rapport alarmant. L'architecte Charles Demoulins dirige en 1843 des travaux de consolidation du clocher et du portail occidental. En 1855, le bas-côté sud est prolongé à hauteur de la sixième travée pour accueillir la chapelle Notre-Dame, tandis que le lambris de couvrement de la nef est refait. Les trois cloches sont bénites le 17 mai 1859.Les plus gros travaux ont lieu entre 1875 et 1878, sous la direction de l'architecte Edmond Duthoit. Les vestiges du transept et de l'abside sont rasés, et le mur séparant la sixième et la septième travée de la nef est supprimé. Une abside-semi-circulaire est établie à l'extrémité de la nef, le bas-coté nord est reconstruit. Une sacristie et une réserve sont construites à l'extrémité des deux bas-côtés.Le dimanche 31 mars 1878, l'église restaurée est consacrée sous le vocable de saint Nicolas, patron des tisserands.