Description historique
L'église Notre-Dame de l'Assomption est située dans l'ancien village de Las Planques, aujourd'hui intégré à la commune de Tanus. La première mention connue de cette église, alors nommée sous le vocable de Notre-Dame de Belmont, date de 1062 : il s'agit de son achat par le prêtre albigeois Deusdet ou Déodat pour le compte de l'abbaye de Conques (Besombes, p. 14). Auparavant, l'édifice était la propriété de Didon d'Andouque, héritier de la famille des Andouque dont le château se situe dans la commune de Crespin, près du ruisseau de l'Andougette (Assie, p. 231). Cette vente est officialisée par Anastase IV dans une bulle pontificale publiée en juin 1153 qui rend effective les droits et les devoirs de l'abbaye-mère envers le prieuré, et inversement (Durliat, p. 257).£Pour Marcel Durliat et Victor Allègre, l'église actuelle fut édifiée dans le dernier tiers du 11e siècle, prenant pour modèle l'église d'Ambialet (Durliat, p. 261). D'autres, en revanche, tel qu'André Besombes, situent sa construction, voulue par l'abbaye de Conques, au cours des 12e et 13e siècles avant qu'elle ne soit modifiée pendant les 15e et 16e siècles (Besombes, pp. 16-17). De même, l'historien suppose que le mobilier en place au 16e puisse provenir des donations de Pierre d'Andouque, fils de Didon d'Andouque, au moment où il se trouve à la tête de l'évêché de Pampelune. Ces dernières hypothèses manquent d'arguments convaincants. Très certainement, l'église actuelle est construite en lieu et place d'un édifice précédent, sans ses absidioles. Celles-ci sont ajoutées plus tard, comme en témoignent les oculi, placés au levant des bas-côtés, murés au moment de l'édification des culs-de-four des absidioles. Par ailleurs, la quatrième travée de la nef a reçu trois voûtes d'ogives sur culot à la fin de la période médiévale.£Des fresques sont peintes sur le cul-de-four du choeur en 1696. Cette datation se lit encore sur une ancienne photographie présentant les peintures de l'arc-triomphal précédant le choeur (A. D. 81, 7_Fi_0292_0010).£L'abandon du village par ses habitants, amorcé dès la fin de la Guerre de Cent ans, puis le déplacement de la paroisse de Las Planques pour l'église Saint-Salvy de Fournials en 1803 ont raison du déclin progressif de l'église Notre-Dame. Son mobilier est en outre transféré dans l'église Saint-Salvy, à savoir l'une des deux cloches, la chaire, un retable du 17e siècle, un calice et quatre chandeliers (Besombes, p. 236 et p. 240).£Conséquence de ce déclin, l'église finit par se dégrader petit à petit. Entre 1885 et 1887, la voûte centrale et la travée ouest s'écroulent. Certains amoureux de l'art roman s'alarment quant à la disparition prochaine du bâtiment, en vain (Besombes, p. 236). Il faut attendre son classement au titre des Monuments Historiques en 1913 pour que soient entreprises les premières restaurations (Besombes, p. 237). En 1922, la municipalité de Tanus réclame des réparations pour la toiture de l'église qui ne seront pas exécutées.£Un incendie détruit la toiture du clocher en 1935. On entreprend des travaux en 1937 mais ceux-ci ne concernent que l'abside dont on consolide les murs et les voûtes et dont on restaure la couverture (Durliat, p. 259). Le devis de réparation de 1936, proposé par l'architecte en chef J. Kaehrling, ajoutait pourtant "la réparation des contreforts, la reprise des piles du clocher, le refichage des voûtes, la construction d'une charpente en ciment armé, la reprise des lézardes, le remaillage des maçonneries des murs et des arcs, le piochage et la réfection des enduits" (Assie, p. 238). Mais ces projets ne sont pas réalisés.£Les travaux de restauration les plus importants ont lieu pendant la Seconde Guerre mondiale. L'église est toujours dans un état de fort délabrement : la nef, les bas-côtés et le clocher n'ont toujours pas de couverture, la première travée est écroulée tandis que le berceau central est fragilisé. Alors qu'elle doit se rendre en Allemagne parce que soumise au service du travail obligatoire, une entreprise est cachée à Las Planques. H. Jullien, architecte en chef des bâtiments de France, l'emploie alors à la restauration de l'édifice. Les voûtes sont réhabilitées, le comble réalisé en ciment armé tandis que l'escalier du clocher l'est en pierre et le sol dallé (Durliat, p. 259). C'est également lors de cette période que l'on modifie l'inclinaison de la toiture (Assie, p. 238) et que l'on décide de laisser les pierres apparentes alors qu'auparavant elles étaient recouvertes d'un badigeon, comme le montre un cliché ancien (A. D. 81, 7_Fi_0292_0010). Outre ces premières modifications, d'autres ajouts sont apportés. Un plan avant la restauration de l'édifice dans les années 1930 et 1940 prouve que les baies de la première et de la troisième travées du collatéral nord ont été ajoutées ainsi que celles de l'absidiole sud (Durliat, p. 259). Les travées du bas-côté nord, quant à elles, sont agrandies après la destruction de larges pilastres et d'un mur de clôture fermant l'absidiole (Ibid., p. 259). Enfin, la porte sud était auparavant surmontée d'une fenêtre à petits bois avant de recevoir un tympan aveugle en schiste (A. D. 81, 7_Fi_0292_0006).£Les derniers travaux de restauration sont entrepris au début du 21e siècle. La toiture de la nef est sécurisée en 2001. Trois années plus tard la couverture du clocher est refaite intégralement (Assie, p. 239).