Description historique
La construction du viaduc du Viaur est liée à l'histoire de la voie ferrée reliant Carmaux et Rodez. Si cette dernière était prévue depuis le milieu du 19e siècle, il faut attendre 1875 pour la ligne soit inscrite dans un projet de loi comme étant d'intérêt général (François Garcia, p. 71). Après des querelles locales pour le tracé de la ligne, il fut décidé que ce dernier serait parallèle à la R.N. 88. La plus grosse difficulté consistait en la traversée de la vallée de Viaur. Plusieurs solutions sont alors envisagées dont la construction d'un pont en maçonnerie haut de 80 mètres ou celle d'un pont en poutres métalliques qui permettait une plus grande hauteur. Après que l'ingénieur Berger donna plusieurs projets, on décida de mettre le viaduc au concours en 1888. 7 projets furent proposés par 5 candidats, dont Gustave Eiffel et tous excluaient l'utilisation unique de la pierre. Ils prévoyaient l'emploi de poutres droites continues supportées par des piliers métalliques ou maçonnés.£En 1889, une commission désigne le projet de la Société des Batignoles comme lauréat. Réalisé par un ingénieur albigeois Paul Bodin, ce projet proposait une technologie nouvelle et une esthétique audacieuse pouvant servir, aux yeux du ministère, de vitrine pour l'industrie française sans que le coût prévu de 2.75 millions de francs ne fut plus excessif que celui des autres projets. Il fait appel à la technique cantilever (porte-à faux) qui permettra aux viaducs ferroviaires d'atteindre des portées considérables, jusque-là réservées aux ponts suspendus, alors inadaptés à la voie ferrée. L’apogée de cette tehnique se testée sur le deuxième pont de Québec en 1917.£Le projet initial dut toutefois être modifié en 1891 en raison d'un règlement sur les ouvrages métalliques : l'ouverture de l'arc central fut ramenée à 220 mètres d'ouverture au lieu des 250 mètres envisagés.£La première pierre fut posée le 9 mai 1895 par L. Dupuy-Dutemps, ministre des travaux publics et député de Gaillac. Les travaux commencèrent réellement 18 mois plus tard avec l'édification des maçonneries côté tarnais en novembre 1896. Ellels sont achevées en décembre 1899. Le montage de la structure métallique est dirigé par Jean Compagnon, chef monteur du viaduc de Garabit et de la tour Eiffel. Les pièces, founies par les formes du Creusot, de Denain et Pompey, sont préparées dans des ateliers parisiens. Si l'on utilisa un échaffaudage pour démarrer la construction en encorbellement du pont entre les culées et les arrière-culées, on utilisa pour la construction de l'arche centrale une plateforme roulante de 131 tonnes, composée d'une grue pivotante et d'un échaffaudage suspendu.£Les épreuves de résistance se déroulèrent du 17 novembre au 4 décembre 1902 tandis que les travaux de peinture avaient démarré depuis le mois de mai de la même année. Ils s'achevèrent en septembre 1903. L'ouvrage fut inauguré le 5 octobre 1902 et le 18 décembre suivant, l'exploitation de la ligne, concédée à la Compagnie du Midi put commencer.£Une première réfection fut entreprise entre 1979 et 1981, la seconde intervient au début des années 2000.