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généralités communales


Référence de la notice
IA81010344
Nom de la base
Patrimoine architectural (Mérimée)
Producteur
Inventaire
Date de création de la notice
30 décembre 2018
Date de dernière modification de la notice
31 janvier 2025
Rédacteur de la notice
Servant Sonia
Mentions légales
(c) CAUE du Tarn ; (c) Inventaire général Région Occitanie
Désignation de l'édifice
Titre courant
généralités communales
Producteur
Inventaire
Localisation au moment de la protection ou de l'étude
Localisation
Occitanie ; Tarn (81) ; Arfons
Aire d'étude pour le domaine de l'Inventaire
Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc
Canton
Dourgne
Historique de l'édifice
Description historique
L'occupation humaine de la commune d'Arfons est ancienne. Passage obligé, Arfons assure la liaison des hauteurs de la Montagne Noire vers le versant sud. La voie romaine Castres-Carcassonne passait par la Prune, les Gaillards, Fonsaguet, Arfons, Lespinas et le Fort. Plusieurs sites archéologiques datant de l'Antiquité y ont été repérés notamment à la Patience et, au nord de la ferme de Fourtet, un autel votif gallo-romain a été découvert près de la source du Sor dans le pré de Landry (Durand-Gorry, 1971). La sauveté d'Arfons semble voir le jour au cours du 12e siècle. La petite bourgade franche est créée pour assurer le défrichement et la mise en valeur des terres de la montagne (Cazals, 1992) par les Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et les seigneurs de Dourgne. Au 13e siècle, les Hospitaliers y ont un établissement, une préceptorerie, membre de la commanderie de Renneville, elle-même dépendante du grand prieuré de l'hôpital Saint-Rémi de Toulouse (qui prendra par la suite le nom de Saint-Jean). Le précepteur d'Arfons est par conséquent un vassal du comte de Toulouse. Tout au long du 13e siècle, il semble que les frères de l'ordre de l'Hôpital aient à défendre leur bien face aux seigneurs de Dourgne et à la famille Jourdain de Saissac dont les terres respectives s'étendent autour d'Arfons. A la fin du 13e siècle et au début du 14e siècle, les Dominicaines de Prouille (Aude) sont propriétaires d'une partie de la forêt de Ramondens et elles doivent à leur tour défendre leur propriété des prétentions des Hospitaliers (Caliste, 2005). Elles possèdent alors une grange au lieu-dit Ramondens, centre de leur exploitation forestière, citée dans les textes à partir de 1310. Les religieuses exploitent la forêt pour trois raisons majeures : comme pâturage, comme lieu de production de charbon et comme centre de production proto-industrielle du fer et du verre. Elles ont aussi droit de rendre la justice sur place et possèdent des fourches patibulaires dans la forêt. La paroisse d'Arfons est rattachée au diocèse de Toulouse jusqu'en 1317, lorsque est créé le diocèse de Lavaur auquel elle appartient jusqu'à la Révolution. Dépeuplés au cours de la guerre de Cent Ans, Arfons et tout le secteur de la montagne deviennent un repère de pillards mentionné comme tel à maintes reprises dans les textes. Lors des guerres de Religion, une importante expédition punitive y est menée en 1580 par l'armée huguenote. Après les guerres de la fin du 16e siècle, Arfons connaît une longue période de stabilité favorable à son développement. Au 17e siècle, deux activités exceptionnelles qui exploitent les richesses naturelles du territoire s'installent à Arfons. Profitant des forêts de hêtres, des verriers s'établissent au milieu des bois pour développer leur production. Selon Yves Blaquière, dans la seconde moitié du 16e et au 17e siècle, le plateau arfontais abrite quatre ou cinq verreries appartenant aux gentilshommes verriers de la famille de Robert. Cette famille, présente sur tout le territoire de la Montagne Noire, a largement contribué à développer l'activité verrière au-delà du massif (Caliste, 2007). D'autre part, le canal royal du Languedoc, aménagé dans la seconde moitié du 17e siècle par Pierre-Paul Riquet, vient y puiser sa source en collectant les eaux abondantes de la montagne. Aux 17e, 18e et 19e siècles, les habitants du village vivent essentiellement de l'exploitation de la forêt et d'une agriculture d'élevage du mouton et de culture du seigle et de la pomme de terre (Durand-Gorry, 1971). L'artisanat du bois et la fabrication de tissu de laine s'y développent comme économie complémentaire à la sylviculture et à l'agriculture, inopérantes pendant les rues mois d'hiver. Au 18e siècle, le Languedoc entame une longue période de croissance économique et démographique. L'activité textile connaît alors un développement important. Tout le secteur ouest de la Montagne Noire se spécialise dans la fabrication de cordelat, tissu de laine assez grossier. L'amélioration des voies de communication facilite les échanges commerciaux, et Arfons bénéficie pleinement de cet état de fait. La population s'élève alors à un millier d'habitants environ. Au milieu 19e siècle, la population d'Arfons est à son apogée, on compte alors 1500 habitants (Durand-Gorry, 1971). Quelques années plus tard seulement, en 1862, la population commence à décroître et on ne dénombre plus que 1304 habitants (Tranier, 1862). Commence alors une baisse progressive qui ne s'inversera plus désormais. La diminution de la population qui s'amorce dans la seconde moitié du 19e siècle est directement liée au ralentissement de l'économie. La production de drap qui a connu son heure de gloire au 18e siècle semble s'arrêter à partir de la seconde moitié du 19e siècle. Dorénavant, les habitants d'Arfons vivent de l'exploitation de la forêt et de l'agriculture. En hiver, selon Maurice Bastié, ils fabriquent « des sabots, des échelles, des volières, des charrues ; ils se livrent aussi à la fabrication du charbon de bois ». Pourtant, de nouvelles routes sont ouvertes qui auraient pu contribuer au développement du village. La route de Dourgne (chemin de grande communication n° 12), venant du nord, et celle conduisant à Saissac, au sud, ont toutes deux été créées au cours du 19e siècle. Aujourd'hui, la commune d'Arfons compte 176 habitants. 266 logements dont seulement 84 résidences principales ont été recensés en 1999. 201 logements ont été construits antérieurement à 1949. Depuis les années 1980, la construction de logement se résume à 5 ou 6 par décennie.