Description historique
La famille de Combettes, installée en Albigeois au 15e siècle, connaît une évolution notable avec Roch Combettes, juge en chef du pays albigeois à la fin du 16e siècle (Greslé-Bouignol, 1955, p. 27-28). Son fils, David Combettes, docteur et avocat, est premier consul de Gaillac en 1603. Il fut aussi syndic du diocèse et assista aux Etats Généraux de la Province. Il achète en 1618 une maison dans le quartier de La Lause à Gaillac et fait construire son hôtel particulier (AD Tarn, 32 J 221). Le 19 juin 1632, il acheta la métairie de "Laboureilhe" à Antoine Dupuy, seigneur de Labastide, pour le prix de 12 000 livres (AD Tarn, 3 J 215). Il mourut en 1640 et son fils, Guillaume Combettes acquit la seigneurie et baronnie de Brens et de Puybérol en 1642. Il se sépare de la baronnie en 1645 et entreprend la construction d'un petit château à Labourélie en 1647 (AD Tarn, 32 J 222). Ce dernier possédait un portail couronné de créneaux au nord, une tour à l'est et une tourelle d'escalier en vis à l'ouest. Au rez-de-chaussée, se trouvaient le chai et la salle basse, la salle était au premier étage ainsi que les chambres et antichambres qui se répartissaient aussi au deuxième étage. Après un séjour à Paris, Guillaume de Combettes fit aménager des jardins avec fontaines et jets d'eau au nord du château (Greslé-Bouignol, 1955, p. 28). Ses descendants obtiennent tout au long du 18e siècle des charges de plus en plus importantes, office du trésorier du roi, avocat du Roi et conseiller au parlement de Toulouse. Antoine de Combettes, en raison de son grand âge, demande l'autorisation d'élever une chapelle particulière à Labourélie en 1763, chapelle mentionnée dans des documents du 17e siècle. Elevée en 1764, elle est bénie sous le vocable de Saint-Charles (AD Tarn, 32 J 184). C'est à François Louis de Combettes-Labourélie que revient à la fin du 18e siècle, autour de 1790, l'initiative de la reconstruction du château. Le chantier est interrompu par son emprisonnement et sa mort prématurée sur l'échafaud en 1794. Le chantier est achevé par sa veuve, Dame Raymonde Jeanne de Joulia, en 1808 (date gravée sur le chapiteau d'un pilastre de la façade sur jardin), pour son fils Pierre Marie Joseph Casimir. La travée centrale, encadrée d'une succession d'ordres est couronnée d'un fronton et fait référence à une composition néoclassique de la fin du 18e siècle. Le programme des perrons et des menuiseries fut semble-t-il mené plus tard, dans la décennie 1840, au moment où la reconstruction des communs bordant la cour est entreprise (AD Tarn, 3 P 354) et la chapelle est reconstruite (AD Tarn, 32 J 184). L'activité de ce chantier de construction, ambitieux, est mené sur le long terme et dans un esprit de continuité par Pierre Marie Joseph Casimir puis par son fils François Raymond Louis de Combettes. Il se déduit de la mention "nouvelle construction" pour quatre bâtiments en parcelle 46 sur le registre des propriétés des matrices cadastrales déclarée en 1840 (A.D.T., 3 P 354). La dernière tranche de travaux est achevée en 1882, lorsqu'il est déclaré que le grand bâtiment occidental représenté sur le plan cadastral de 1827 est détruit (AD Tarn, 3 P 355). La demeure du château est actuellement en très mauvais état, la toiture et les niveaux de plancher se sont effondrés.