Description historique
La seigneurie de Nages est acquise par la famille des comtes de Thézan en 1367, lors du règlement de la succession de Peytavin de Vintrou, seigneur de Nages (Pistre, 1981, p. 21). Les deux siècles suivants sont plus obscurs sur l'histoire de la famille seigneuriale. Lors du recensement du ban et de l'arrière-ban du comté de Castres en 1504, Tristan de Thésan possède les 2/3 de la seigneurie, Bringuier de Peyrusse, seigneur de Boissezon de Matviel, l'autre tiers (Clerc, 1990, p. 23). La famille de Thézan détient la seigneurie au tout début du 17e siècle.£Le château a été construit selon toute vraisemblance dans la 2e moitié du 15e siècle au regard de la typologie et des caractéristiques des éléments de défense. Il se compose d'une tour rectangulaire isolée, protégée par un mâchicoulis sur consoles de pierre et équipée de fentes de tir, et d'un corps de bâtiment flanqué de deux tours rondes, dans lesquelles étaient percées des fentes de tir. Les ouvertures ont un encadrement en grès rouge ou en gneiss, L'organisation adoptée relève alors probablement d'un corps de logis flanqué de deux tours, à partir duquel court une enceinte qui protège le site castral composé de communs établis dans le prolongement de cette dernière, à l'ouest, de la chapelle castrale qui ferme l'ensemble au sud, et d'une tour rectangulaire élevée au milieu de la cour, avec pour fonction probable celle de donjon.£Le château est assiégé par le comte de Montgommery en 1586 (Pistre, 1981, p. 19) ; il reçoit 50 coups de canon, le village est pillé, l'église paroissiale Saint-Victor détruite. La campagne de réaménagement et d'agrandissement du château doit certainement être attribuée à Raymond de Thézan, chevalier de l'ordre de Saint-Esprit, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, conseiller d'état en 1614. Il a été également nommé gouverneur de Lodève et de Saint-Pons (Pistre, 1981, p. 21). Il lui est également accordé l'agrandissement de deux travées de la chapelle castrale de la 2e moitié du 15e siècle, afin de se raccorder au clocher et d'avoir la taille suffisante pour sa nouvelle fonction de paroisse. Une inscription y faisant allusion a été gravée sur le linteau situé au-dessus de l'entrée du porche de l'église, sous un blason qui serait attribué, selon R. Pistre, aux armes du capitaine Calvet. Il y est inscrit : "Dieu soit loué céans à tout jamais car il a entenduy et exaucé ma voix. Faict à sa louange. An 1605". La campagne du début du 17e siècle est reconnaissable par l'utilisation systématique d'un nouveau matériau pour les encadrements d'ouverture : du marbre de Fourcause. Elle se traduit par le réaménagement du corps de logis à partir d'une nouvelle tour d'escalier rampe-sur-rampe à mur d'échiffre desservant les différents niveaux, pour lesquels il ne reste que la partie occidentale d'accessible. Les cuisines étaient au rez-de-chaussée, la salle se trouvait au premier étage, éclairée par une fenêtre à croisée. Sous la charpente, une autre pièce était disponible. Les tours ont été reprises avec le percement de nouvelles ouvertures, canonières dans les parties basses et fenêtres dans les parties hautes, pour servir d'annexe à la salle du premier étage et à la pièce du second étage. Pour l'heure, il est difficile d'évaluer la campagne du 17e siècle sur la partie orientale qui a été remaniée après le démembrement du château au 19e siècle et réaménagée alors. En revanche, le corps de bâtiment longitudinal a été construit en deux étapes au 17e siècle, probablement assez proches dans le temps au regard de l'homogénéité du style des ouvertures et à l'emploi du marbre pour les encadrements. Un premier bâtiment a été construit contre la tour rectangulaire, la chaîne d'angle est encore bien visible dans l'élévation postérieure à gauche de la porte. Un deuxième corps de bâtiment est ensuite venu s'établir contre ce dernier, sur un tracé biais et s'appuyant sur le corps de logis principal en venant empiéter sur les fenêtres du grand escalier. Des portes de communication sont alors percées pour relier les deux bâtiments.£En 1905, la tour ronde orientale a été détruite pour l'élargissement de la route (Pistre, 1981, p. 19). Le corps de bâtiment longitudinal a été affecté à la fonction de restaurant et une grande partie des ouvertures de la façade principale ont été restaurées ou remaniées, les éléments d'origine étant mieux conservés dans l'élévation occidentale. Les communs ont aussi fait l'objet de remaniements au cours de cette période ainsi que le petit corps de bâtiment oriental construit au 19e siècle.