Description historique
Le dossier collectif des maisons en pan de bois de Roquecourbe repose sur l'étude de l'architecture civile en pan de bois dans le bourg intra muros de Roquecourbe, ce qui correspond à la délimitation du centre ancien. Si en 1999, l'INSEE recensait 995 logements sur Roquecourbe, il faut garder à l'esprit que seuls 380 étaient construits avant 1949. Lors de l'inventaire thématique, il a été recensé 68 édifices : 14 conservent des vestiges de la construction en pan de bois et 54 édifices sont en pan de bois. Parmi ces 54 édifices, 45 ont été construits dans la 2e moitié du 15e et au 16e siècle ; 7 ont été édifiés au 17e siècle et 3 au 18e siècle.£Le bourg d'origine médiévale de Roquecourbe s'identifie rapidement par son plan circulaire ouvert sur la rivière et relié à l'autre rive par un pont d'origine médiévale. L’agglomération ne peut être envisagée sans le château qui le protégeait depuis l'autre rive, sur une prééminence rocheuse et au pied duquel il a été construit. Construit selon toute vraisemblance au Moyen Âge, entre le 12e et le 13e siècle, le bourg est composé de quatorze îlots comprenant une androne centrale.£Dans le corpus des maisons des 15e et 16e siècles, trois grandes périodes peuvent être détachées : 2e moitié du 15e siècle ; limite 15e 16e siècles et 2e moitié du 16e siècle. Au regard de l’analyse architecturale et stylistique, la maison 3 rue de la Portanelle a pu être construite dans la 2e moitié du 15e siècle. La façade principale en pan de bois a été reculée mais elle reprend un système constructif plus ancien, une décharge en écharpe dirigée en direction de la partie centrale et associée et fixée à un cordon. Il s’agit d’une structure similaire à celle adoptée dans une maison du 13e siècle à Cahors (Cf croquis de Cécile Fock-Chow-Tho) mais avec un assemblage à tenon et mortaise et non pas en queue d’aronde, et, associée à une croisée centrale et non à des fenêtres à meneaux.£La part la plus importante des maisons est reconstruite à la fin du 15e siècle et au début du 16e siècle. Les maisons ont le premier étage en encorbellement et parfois le deuxième aussi, supporté par des abouts de solives sculptés, en quart-de-rond ou à corps de moulures plus complexes : tores et gorges ; baguettes, gorges et tore à listel, chanfreins. Les structures du pan de bois sont à croix de Saint-André, le plus souvent à une croix par niveau. Le seul exemple de structure à deux croix de Saint-André identifié est 6 place de la Mairie (IA81012382) et il est associé au deuxième étage à une structure à une croix par niveau. Les fenêtres associées sont des fenêtres à croisée, avec appui saillant et mouluré, ou au deuxième étage à meneau central, ou de simples baies rectangulaires.£Deux maisons d’une ampleur remarquable dans la 2e moitié du 16e siècle jalonnent l’évolution stylistique. La plus significative est une maison se trouvant rue de la Portanelle (IA81012378), détruite depuis, qui avait conservé des croisées à consoles cannelées avec superposition de colonnes et de pilastres cannelés. Elle était à double encorbellement porté par des abouts de solives sculptés d’une succession de moulures aux profils angulaires, qui se retrouvent aussi dans une maison située au 1 rue de la République.£Le bourg continue de se développer au 17e siècle. Ceci est parfaitement visible à travers la construction de quelques maisons de dimensions importantes et élevées dans des points stratégiques du bourg : dans les couverts, place de la Mairie, ou en tête d'îlot dans la structure urbaine. Les bois utilisés sont tors et plus fins et révèlent une autre gestion de la forêt. Les structures employées ne sont plus à croix de Saint-André mais à grilles et à écharpes et tournisses. Peu de reconstructions sont visibles au 18e siècle, elles ne concernent que trois édifices. Au cours du 18e siècle, l'industrie de la bonneterie se développe et l'accroissement de l'agglomération se fait hors les murs au 19e siècle, dans les faubourgs et le long des principales voies de communication.