Description historique
L’extraction du minerai de fer et son exploitation dans les montagnes de Lacaune est connue depuis le Moyen Age. Une famille d’origine rouergate, les Nayrac ou Nairac, venue selon toute vraisemblance s'installer à Gijounet à la fin du 15e siècle, a su tirer profit de la richesse du minerai. Elle s’est rapidement spécialisée dans l’activité de la forge , qu’elle détenait au hameau de Malefalguière. La composition de l’atelier est détaillée dans l’acte de transmission de Philippe Nayrac à son fils David en 1622 . La généalogie de la famille peut être suivie plus précisément au 16e siècle, à partir de Pierre Nayrac , forgeron de profession. Les descendants se sont spécialisés dans des professions périphériques, serrurier, armurier, arquebusier… Les autres membres de la famille, en revanche, se sont tournés vers des métiers tels que notaire ou marchand, activité qui a permis à la famille de s’enrichir considérablement au 18e siècle . À Gijounet, la deuxième génération s’installe durablement en faisant construire la résidence familiale en 1579. Elle est attribuée au fils de Pierre, Paul (1536-1593). Au même titre que son père, il est forgeron et contracte un mariage avantageux en épousant une demoiselle Rabaud de la Valette, du consulat de Viane, vers 1563. Le parcours de la famille Nayrac est tout à fait représentatif de ces lignées, venues de contrées extérieures, qui ont su, grâce à une exploitation maîtrisée des ressources naturelles et à un artisanat spécialisé, acquérir rapidement une place dans l’échelle sociale de la montagne et se sont très tôt converties à la religion Réformée. L’enrichissement de la famille n’a été effectif qu’au siècle suivant, grâce aux places marchandes extérieures, comme le port de Bordeaux. De plus, il apparaît clairement que l’extension de l’agglomération est contemporaine de la construction de la demeure, ceci étant identifiable à travers les nombreux vestiges encore visibles dans l’habitat, notamment au niveau des ouvertures.