Commentaire descriptif de l'édifice
La hauteur du Cap Brun, arête rocheuse escarpée et irrégulière à 100m d’altitude a fait l’objet d’un gros travail d’adaptation de la part des ingénieurs du génie, en particulier le jeune Séré de Rivières, pour servir d’assiette à un fort de plan pentagonal bastionné relativement régulier, dont la conception d’ensemble, très représentative de cette génération 1840, présente d’importantes analogies avec le fort du Grand Saint-Antoine, sur de plus grandes dimensions. Le fort est distant de la mer, à vol d’oiseau, de 150m à 280m (pointe du Cap). il surplombe directement la batterie basse côtière du cap. Flanqué d’un bastion à chaque angle, le fort est étiré en longueur dans l’axe est-ouest (170mX80m hors œuvre) et comporte quatre fronts. Le front de tête, nord, côté terre (2-3), et le front de gorge sud face à la mer (5-1) tendent chacun à une certaine symétrie, par la disposition des flancs et face des moitiés de bastion qui les encadrent. Les bastions du premier ont des proportions normales de part et d’autre de la courtine la plus longue du pentagone (100m), tandis que les faces des bastions du front de gorge, qui encadrent directement la caserne casematée (longue de 54m), sont très allongées, proportionnellement aux flancs. Le front latéral est, ou front d’attaque (1-2) est sensiblement plus large (courtine longue de 53m) que le front opposé. Ce dernier, à l’ouest malgré son faible développement, est un couronné, c'est-à-dire à trois bastions (3-4-5), dont celui d’axe (4) n’est qu’un bastionnet. La moitié nord-ouest fait face à l’arrivée du chemin d’accès, et constitue le modeste front d’entrée (3-4) dont la courtine, longue de 25m (la plus petite du pentagone), accueille en son centre la porte du fort, à pont-levis (supprimé) et corps de garde. Cette implantation latérale de l’entrée (commune au fort du Grand saint-Antoine), n’est pas classique ; l’emplacement habituel est le milieu du front de gorge, ici occupé par une poterne au centre de la caserne. Le fort est retranché d’un fossé à contrescarpe revêtue, discontinu, de tracé tenaillé. Le glacis est formé et conservé du côté de l’attaque (1-2). L’intérieur du fort est occupé sur un tiers de sa superficie par les hautes plates-formes du cavalier d’artillerie, batterie haute de défense terrestre, aujourd’hui nivelé, qui borde les fronts d’attaque et de tête (1-2-3). Ces terrasses dominent et défilent la cour de la caserne et le reste de l’aire intérieure. La batterie basse occupait les trois bastions correspondant, reliés entre eux par un chemin de ronde sur les courtines, le 1 et le 2 reliés à la cour par des communications en tunnel dites poternes, passant sous le cavalier. Une rampe intérieure relie la porte du fort à la cour de la caserne « en fossé », de plan en L. Non défensive, la caserne, millésimée 1847 est d’un type classique de la période, rectangulaire (54mX19m), à deux niveaux de casemates transversales et travées de culées, sous toit-terrasse. Les citernes et la poterne sont en soubassement. Sous le cavalier, des casemates à usage de cuisine et magasin à vivres, puis le magasin à poudres en caverne de 1893, avec son couloir d’isolement, débouchent sur la cour en L.