Description historique
Deux ordonnances royales, les 24 novembre 1824 et 10 octobre 1829, autorisent la municipalité de Villeneuve-sur-Yonne (alors Villeneuve-le-Roi) à acquérir des maisons afin de construire au long de la Grande Rue un hôtel de ville abritant également une justice de paix et une prison. Le projet rédigé le 15 avril 1834 par l’entrepreneur Louis Victor Jubin (ou Jubin-Mondin) est approuvé le 1er mai par le conseil municipal. Le 19 août suivant, le rapporteur du Conseil des Bâtiments civils, Jean Marie Biet, préconise des modifications pour la façade, les escaliers et la grande salle à l’étage, qui pourrait servir de théâtre. Ces changements intégrés, les travaux sont adjugés le 27 décembre 1835 aux frères François et Silvain Lavaud, d'Avrolles. Les démolitions débutent en mars 1836 mais les entrepreneurs font faillite en avril 1837. Le 20 juin 1838, le sous-préfet valide le devis présenté par Jubin pour l’achèvement du bâtiment : une première partie est adjugée le 1er juillet 1838 au menuisier Michel Chareyre, la deuxième (théâtre) le 25 juillet 1840 à l'entrepreneur Henri Olivier Langlois. Cette dernière prévoit une scène agrandie par un encorbellement sur la cour (où elle s'appuie sur le mur mitoyen), deux loges d'avant-scène et un balcon dont le centre sera occupé par cinq loges. Les derniers aménagements sont adjugés le 16 octobre 1842 à Charles Bezançon et Michel Chemovek fils. A noter que dans certaines publications, la mairie et/ou le théâtre sont attribués à Benoît Alexandre Bourla, auteur du décor du théâtre de Joigny.Le 14 mars 1873, la municipalité valide l'achat de la maison au 19 Grande Rue, contiguë à la mairie au sud, pour établir "un cabinet pour Mr le juge de paix, un bureau pour le commissaire de police et un logement pour le concierge de la mairie" (ce bâtiment sera démoli lors du bombardement du 16 juin 1940). Le 21 septembre 1874, elle approuve un devis de 3 000 F pour la remise en état du théâtre. L'hôtel de ville est restauré en 1896 suivant le projet élaboré le 20 janvier par l'architecte Léon Rousseau, de Sens. Au tournant du siècle, la municipalité achète la demeure contiguë au nord-ouest, rue Joubert, afin d'agrandir le bâtiment et d'y installer "une salle de réunion pour les sociétés musicales, la Caisse d'Epargne et deux dépôts d'archives". Rousseau élabore alors un projet articulé autour de la reconstruction de cette maison, ; ce projet est adopté par le conseil municipal le 29 mars 1901 et les travaux sont adjugés le 21 juin suivant. En 1978, le départ des services municipaux permet de dédier le bâtiment au seul théâtre (avec une jauge de 348 places, dont 100 au balcon). Le plafond de la salle est orné en 2001 d'une peinture suivant un dessin de Pincemin. Accueillant à partir de 2004 les services culturels, le lieu est baptisé le 18 septembre 2010 espace culturel Jean-Pierre Pincemin. Le conservatoire de musique s'y installe en 2013 puis le bâtiment est réaménagé de 2017 à 2019 par le cabinet Gyssels Architecte, de Sens, qui crée une extension vitrée, abritant escalier et ascenseur. Le théâtre, d'une capacité de 125 places, est géré à partir du 1er janvier 2021 par les Chantiers du Théâtre (6 personnes présentes régulièrement en 2022, 1,7 ETP). Utilisé environ 180 jours par an, il accueille 25 représentations pour une douzaine de spectacles, plus deux séances de cinéma par mois assurées par l'association de cinéma itinérant Panoramic (créée début 1991).