Description historique
Les jésuites reçoivent une donation de terre de Charles Houël en 1651. Ils ont probablement commencé à construire une église dédiée à Saint-Louis, en maçonnerie, à partir de 1655, un peu au-dessus de la place d'armes. Selon le père Labat en 1696, cette église n'est pas achevée mais elle est la plus belle de la ville. Après 1759, les jésuites partagent leur église avec les carmes dont l'église a été détruite par les Anglais. Après l'expulsion des jésuites de Guadeloupe en 1764, leur église est vendue en 1772 aux carmes et est alors dédiée à Notre-Dame du Mont-Carmel. L'acte de vente de 1772 (acte perdu) décrit une église d'environ 100 pieds de long sur 30 de large, avec 2 chapelles, la sacristie se trouve à l'arrière. L'église et la sacristie sont couvertes en essentes et en ardoises. Le cimetière à côté de l'église est clôturé de murs. Un petit clocher, indépendant de l'église comme c'était souvent le cas en Guadeloupe, se trouve derrière la sacristie. On ignore la composition de la façade si ce n'est une remarque du père Labat évoquant une façade en pierre de taille inachevée. Pendant la Révolution, elle est transformée en prison. Elle n'est rendue au culte qu'en 1811, en mauvais état ; la nef et le choeur n'ont plus de couverture. En 1811, le gouverneur anglais Cochrane fait voter un impôt spécial sur toute la population de la ville afin de la reconstruire. Le père Fabre émet l'hypothèse que le blason d'Hincelin a été installé à cette occasion au-dessus du portail. Des travaux ont alors lieu dont on ignore la nature. Le plan du quartier du Carmel de 1818 représente une église en croix latine avec la sacristie derrière le choeur, organisation qui semble correspondre à la description de 1772. L'église très endommagée par le cyclone du 26 juillet 1825 est reconstruite ou plus vraisemblablement restaurée par l'entrepreneur Guillaume Bonneau. La partie centrale, correspondant à la largeur de la nef, présente une élévation de style classique à trois travées, composition habituelle depuis le 16e siècle italien. Dans un rapport sur l'état des églises de Guadeloupe de 1848, il est noté que le bâtiment est en bon état mais qu'il est très petit. Le clocher est reconstruit au-dessus de la sacristie. L'église est agrandie au cours de la 2e moitié du 19e siècle par l'ajout de bas-côtés : bas-côté gauche vers 1857 et le droit à partir 1885. Arrivé en 1913, le père Rivet, après des travaux de rénovation de l'église (plancher, vitraux, bancs) construit une grotte de Lourdes en ciment armé dans le jardin du presbytère, avec l'aide des paroissiens. Il existait, auparavant, un modeste oratoire dédié à la Vierge et 2 bassins recevant l'eau d'un ruisseau dont les fidèles vantaient les propriétés miraculeuses. Fort de cette expérience il demande en 1918 au gouverneur l'autorisation de prolonger les deux collatéraux trop courts et dissymétriques et de les couvrir d'une voûte en ciment afin de mettre l'église hors d'eau. Il est possible que la façade, restée sans couronnement jusque là ait été alors achevée. Il faut cependant attendre 1949 pour que le père Manuel Morales entreprenne d'importants travaux. Pierre Isnard, architecte parisien, dirige les travaux d'agrandissement de l'église par la construction de tribunes, d'un choeur, d'un clocher. La bénédiction de fin de travaux a eu lieu le 8 décembre 1957.