Description historique
Le 30 novembre 1673, le gouverneur Du Lion donne aux capucins un terrain sur la rive droite de la rivière aux Herbes. Les religieux édifient une petite case en bois qui sert à la fois de couvent et de chapelle dédiée à Saint-François. Entre 1674 et 1679, 2 habitants font une 2e donation de terre pour construire une église et un cimetière qui occupe le flanc nord de l'église, emplacement qu'il conserva jusque dans les années 1810. Les 2 terrains se situent au-dessous de celui de Du Lion. Les donateurs aménagent un chemin pour relier l'église à la grande rue. En 1696, la petite église en maçonnerie est en bon état quoiqu'elle ne soit pas encore paroisse ; le couvent est en maçonnerie et bois avec un jardin en terrasse. Celui-ci, épargné par l'incendie de 1691, est détruit par celui de 1703. En 1713, la paroisse de Saint-François est officiellement créée. Le père Bonaventure entreprend de reconstruire l'église grâce aux donations des fidèles. Lorsque le père Bonaventure quitte la Guadeloupe le 11 juin 1734, l'église est presque achevée. La tradition veut que la façade date de cette campagne de travaux. Lors de l'attaque anglaise de 1759, l'église comme une grande partie du bourg Saint-françois est touchée par les tirs de canons. Le culte est suspendu en 1792. Le 8 février 1795, l'église est transformée en maison de ville. En 1802, seule l'église Saint-François est rétablie et restaurée. Vers 1820, Félix Longin rapporte que la façade est assez belle. Un petit clocher indépendant a été construit en 1820. Elle est entièrement renversée par le cyclone de 1825. Des travaux de reconstruction sont réalisés au cours du 2e semestre 1826 mais on ignore leur nature exacte, faute de devis précis. En mai 1844, le conseil municipal décide d'agrandir l'église, en ajoutant des bas-côtés. Les travaux sont estimés à 67 000 F alors que la fabrique ne dispose que de 50 000 F. Le côté sud de l'édifice, étant bordé de bâtiments, on détruit une maison afin d'élargir la nef et de dégager la chapelle. Les travaux sont adjugés le 18 juillet 1844 à Ulric Dejean maître-charpentier, mais en juin 1845, le chantier est arrêté, l'entrepreneur se plaignant de l'inflation des prix des matériaux et de la main-d'oeuvre, causée par l'incendie du 26 août 1844. Le conseil municipal lui accorde une augmentation de 12%. Il semble que les travaux traînent en longueur car l'église est toujours en chantier en 1847. En 1850, les évêchés coloniaux de Guadeloupe, Martinique et Réunion sont créés et l'église Saint-François est promue cathédrale. En 1874, Mgr Blanger, ayant obtenu l'autorisation de l'administration coloniale de commencer les travaux avec les ressources qu'il pourrait se procurer, débute les travaux d'allongement du choeur. Les bas-côtés sont prolongés par un déambulatoire. Les statues en terre cuite, la Vierge, Saint-Pierre et Saint-Paul et une Mise au tombeau sont commandées à la fabrique Virebent de Launaguet (31). L'aménagement intérieur est refait. Des travaux d'agrandissement et de surélévation du clocher sont aussi réalisés. En décembre 1880, 3 nouvelles cloches sont commandées à la fonderie Astier à Nantes. Le 12 décembre 1877, Mgr Blanger consacre la cathédrale sous le titre de basilique mineure Notre-Dame de la Guadeloupe. Le 22 août 1964, la cathédrale est sérieusement endommagée par le cyclone Cléo qui arrache la toiture, entraînant d'importants dégâts dans l'édifice. Les projets de restauration, à l'étude depuis de longues années, débutent enfin. La toiture de la nef est refaite avec les matériaux d'origine, la tôle et le bois. En revanche, une dalle anti-cyclonique en béton armé est ajoutée sur les bas-côtés, le déambulatoire et les deux chapelles latérales avec l'adjonction de chenaux en béton dans le prolongement de la dalle. En 1975, l'édifice est classé au titre des Monuments Historiques et un vaste programme de restauration débute à partir de 1989 (toitures et façades) , qui doit s'achever en 2010 par la chapelle Notre-Dame de Guadeloupe.