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POP | Plateforme ouverte du patrimoineAncien prieuré de Lartige, à Farebout
Ancien prieuré de Lartige, à Farebout






Référence de la notice
PA00100466
Nom de la base
Patrimoine architectural (Mérimée)
Producteur
Monuments historiques
Date de création de la notice
15 septembre 1993
Date de dernière modification de la notice
28 novembre 2025
Mentions légales
© Monuments historiques, 1992. Cette notice reprend intégralement les termes de l’arrêté de protection au titre des Monuments historiques. Elle répond à l’obligation réglementaire du ministère de la Culture d’établir la liste générale des immeubles protégés (art. R. 621-80 du Code du patrimoine). Elle est donc opposable et fait foi juridiquement. Aucune copie numérique ou papier ne sera fournie par courrier ni courriel. Le dossier de protection complet et l’arrêté sont consultables uniquement sur place, dans la salle de lecture de la Médiathèque du patrimoine et de la photographie (MPP), à Charenton-le-Pont (Val-de-Marne).
Désignation de l'édifice
Titre courant
Ancien prieuré de Lartige, à Farebout
Producteur
Monuments historiques
Dénomination de l'édifice
prieuré
Localisation au moment de la protection ou de l'étude
Localisation
Nouvelle-Aquitaine ; Haute-Vienne (87) ; Saint-Léonard-de-Noblat ; l'Artige aux moines
Précision sur la localisation
Anciennement région de : Limousin
Lieu-dit
l'Artige aux moines
Références cadastrales
B 838
Historique de l'édifice
Siècle de campagne principale de construction
Description historique
Le prieuré Saint-Laurent de l'Artige est une fondation due à deux vénitiens, Marc et son neveu Sébastien, probablement pélerins, restés vivre en ermites près de Saint-Léonard-de-Noblat au tout début du 12e siècle (vers 1100-1130). En 1788, une masure de chapelle conservait le souvenir de cette première implantation au lieu-dit l'Artige-Vieille. Un transfert eut lieu en 1174-1175, à la suite de violences meurtrières commises contre leurs disciples, réunis en une petite communauté de chanoines réguliers. Le cinquième prieur, Hélie, se fit alors donner un ancien site fortifié, nommé le Chalard, formant éperon au-dessus du confluent de la Maulde et de la Vienne, face au château du Muraud, et qui fut rebaptisé l'Artige-Grande. Une chronique attribue à Hélie la construction d'une église, consacrée en 1198, de l'ancien dortoir et du réfectoire. Il se pourrait qu'il s'agisse seulement d'une rénovation, car le site du Chalard était déjà pourvu d'un lieu de culte lors de la donation. Des ruines d'une petite église sont mentionnées par l'historien bénédictin dom Estiennot lors de son passage vers 1670. La grande église actuelle est considérée comme une construction de la fin du 13e siècle par Mme Andrault-Schmitt, qui l'associe à une dédicace d'autel, en 1267, connue par une plaque émaillée aujourd'hui conservée à Varsovie. Malgré diverses destructions intervenues au cours des siècles suivants (guerre de Cent ans, guerres de religion) , et la vente, comme bien national, à la Révolution, le site conserve des éléments conséquents. Les bâtiments sont répartis en trois corps autour d'une cour carrée, sans que l'on ait la certitude que le quatrième côté, au sud, ait été construit. Au nord, l'église forme un long vaisseau unique, haut et étroit, qui a été subdivisé par un mur pour la transformer en grange, et dont la voûte en berceau est en partie effondrée, remplacée par une charpente. Les murs sont rythmés de contreforts obliques et divisés par un cordon formant larmier, sur lequel reposent les fenêtres. Toutes les baies sont en arc brisé, y compris la porte nord, réservée aux laïcs, et qui est simplement constituée de deux larges rouleaux plats à arête en cavet, soigneusement appareillés, sous archivolte à retours, et ornés de tores d'encoignures retombant sur une imposte que supportent des colonnettes coiffées d'un petit chapiteau à corbeille lisse. Un clocher, au sud, présente la particularité de former un massif quadrangulaire de maçonnerie, saillant à la fois à l'extérieur et sur la nef. Quelques traces de décor peint apparaissent sous les enduits. Vers l'est subsiste un pan de mur de l'ancienne salle capitulaire, percé de trois arcs brisés, celui du centre plus étroit, dont l'extrados retombe sur des colonnettes au chapiteau orné de crochets-boules, prolongées par un tore d'encoignure, tandis que le large intrados est porté par deux épaisses et courtes colonnes engagées, reposant sur des bases à griffes. Les chapiteaux de ces colonnes sont découpés en larges feuilles d'eau stylisées aux arêtes marquées. À l'extrémité sud de ce mur, une petite tour circulaire est percée d'une porte à accolade, aux armes de la famille de Bony de Lavergne, dont plusieurs membres furent prieurs de l'Artige à la fin du 15e et au début du 16e siècle. L'aile occidentale, transformée en habitation, a gardé son volume ancien et plusieurs portes d'origine. Des corbeaux de pierre, visibles en plusieurs places dans les murs, portaient la charpente qui couvrait des galeries de circulation, probablement en forme de cloître.