Commentaire descriptif de l'édifice
Le monument aux morts prend la forme d'un arc de triomphe à une arche, flanqué sur ses côtés de deux hémicycles. L'édifice de brique se dresse au centre du boulevard Sibille, sur un socle en pierre. Seize marches de marbre blanc précédent chacune des façades et donnent accès à la terrasse circulaire qui forme la base de l'édifice. Des deux côtés de l'arc plein cintre, des pilastres engagés portent des trophées militaires (boucliers et épées entrecroisées surmontés de cassolettes) auxquels sont suspendus des cartouches portant les dates « 1914 » et « 1918 ». L'entablement est orné d'une frise sculptée de guirlandes de lauriers, sur le modèle de celle du mausolée de Caecilia Metella à Rome. La corniche, saillante, est ornée de denticules et modillons. Sur l'attique, une table de pierre porte, sur chaque face, l'inscription « AUX ALBIGEOIS MORTS POUR LA FRANCE ». À l'intérieur, les pilastres portent des médaillons de bronze aux effigies des généraux Sibille et Séré de Rivière, du colonel Teyssier et de Jean Jaurès ; au-dessus, dans les trompes, figurent les noms de quatre batailles - Marne, Yser, Somme et Verdun - dans des couronnes de lauriers, et au sommet des murs, dans une frise de peltes : Massiges, Fleury, Souchez, Bouy, Bois-Sabot, Perthes, Aspach, Coucy, Flirey, Beaumont, Pouilly, Tahure, Orient, Kemmel, Souain, Fresnes. Le sol est orné de mosaïques dessinant une croix de guerre, entourée de rameaux d'olivier. Au centre se trouve la flamme du soldat inconnu. Latéralement, l'entrée de chacun des hémicycles est constituée par un portique à deux colonnes ; sur les architraves, deux inscriptions latines : « Ubi concordia ibi victoria » (là où est la concorde est la victoire) et « Spes illorum immortalitas » (leur espoir fut l'immortalité), entre deux couronnes de lauriers. Dans les deux tympans, les armes d'Albi se détachent sur un trophée de drapeaux, au-dessus d'une banderole où figure la devise « La loi gouverne, le soldat veille, la cité protège ». Au-dessous, sur le seuil élevé par deux marches de marbre, une grille en fer forgé ornée de croix de guerre ferme l'accès des deux chevets, éclairés par des verrières. Sur les murs, les noms des 636 Albigeois morts pour la France sont gravés sur 28 plaques de marbre. Des couronnes et des feuilles de marronniers constituent la décoration supérieure, où s'inscrivent les phrases « Que leur mort nous unisse » et « Que leur volonté vive en nous ». Au centre de chacune des rotondes, deux inscriptions rappellent la genèse du monument : « En l'an 1921 un comité représentant la généralité des citoyens de la cité a décidé, sous la présidence de Edouard Andrieu, maire d'Albi, la construction de ce monument » ; « Ce monument, œuvre de l'architecte Léon Daures, a été inauguré le 28 novembre 1926, Gaston Doumergue étant président de la République ». Le monument aux morts d'Albi est l'un des plus imposants de la région et se singularise par sa mise en scène au cœur de l'espace urbain. Œuvre d'un architecte renommé, il s'inscrit dans la tradition antique (arc de triomphe, citation du mausolée de Caecilia Metella) et fait également le lien avec le conflit de 1870 par les effigies des généraux Sibille et Séré de Rivières et du colonel Teyssier. La référence à Jaurès ainsi que le matériau choisi, la brique, lui confèrent un ancrage local