Description historique
Le site du sanctuaire de Notre-Dame-de-Consolation, sur la colline de Costebelle à Hyères, est occupé depuis l'âge du fer, avec des vestiges d'un oppidum datant du VIe au IVe siècle avant J.-C. La légende de sa fondation est liée à la septième croisade, lorsque des mères hyéroises, inquiètes pour le sort de leurs fils partis en guerre, promettent de bâtir un sanctuaire si leurs enfants revenaient sains et saufs. En 1254, leur vœu exaucé, un sanctuaire aurait été érigé en l'honneur de Notre-Dame-de-Consolation. Le sanctuaire est mentionné pour la première fois en 1395 comme possession de la chartreuse de Montrieux.
Notre-Dame-de-Consolation est régulièrement invoquée face aux fléaux qui touchent la communauté tels que les sécheresses ou les épidémies (pestes, choléra, etc.). Les importants pèlerinages régulièrement organisés mobilisent toute la communauté et au-delà. À l'époque moderne, la croissance du nombre de pèlerins, nécessite l'installation d'une congrégation religieuse en appui du prieur. Elle est à l'origine des modifications, notamment l'ajout de bas-côtés et la construction de dépendances.
Elle fait partie des rares sanctuaires mariaux de Hyères à survivre à la Révolution française. Dès le début du XIXe siècle, le culte est rétabli, des travaux de restauration sont entrepris, suivis par un projet de modernisation en 1860, qui a vu l'ajout d'une nouvelle façade et d'une esplanade.
Durant la Seconde Guerre mondiale, le sanctuaire est occupé par les troupes italiennes puis allemandes qui minent le site au printemps 1944. Lors du débarquement du 15 août, l'occupant fait exploser le clocher qui s'effondre sur l'édifice, ne laissant que quelques vestiges. La mobilisation de la communauté et du maire Joseph Clotis permet d'inclure cet édifice dans le programme de la Reconstruction. L'architecte Raymond Vaillant est missionné pour reconstruire l'ensemble. Lorsque le projet de reconstruction à l'identique est abandonné, il conçoit un projet contemporain auquel d'importants artistes du renouveau de l'art sacré sont sollicités. Les vitraux sont confiés à Gabriel Loire et les sculptures à Jean Lambert-Rucki. Les sculptures en béton de ce dernier suscitent, dès 1953, de violentes critiques du clergé qui les jugent inappropriées pour un édifice sacré. Après quelques modifications de ces sculptures, l'ensemble est inauguré en juillet 1955.
Le sanctuaire se compose d'une chapelle avec un clocher, entourée de dépendances organisées autour d'un patio. Il est construit essentiellement en pierre à l'exception des structures qui sont en béton armé. La chapelle présente une nef, bordée d'un collatéral, qui aboutit à un chœur logé dans une abside semi-circulaire, tandis que les dépendances abritent des logements, une boutique et des espaces de réunion.
La façade principale est ornée des sculptures de Jean Lambert-Rucki sur une dentelle de béton qui a la double fonction de servir de structure aux vitraux de Gabriel Loire et de toile de fond aux décors sculptés polychromes. Une grande Vierge à l'Enfant à la base du clocher complète l'ensemble. A l'intérieur, les vitraux de la chapelle qui occupent une place centrale dans la décoration intérieure, illustrent des thèmes mariaux et l'histoire liée à la dévotion à Notre-Dame-de Consolation. Le chœur est orné de bas-reliefs représentant l'Eucharistie, tandis que le collatéral présente un retable, tous deux réalisés par Lambert-Rucki.