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Sanctuaire de la Sainte-Baume






Référence de la notice
PA83000058
Nom de la base
Patrimoine architectural (Mérimée)
Producteur
Monuments historiques
Date de création de la notice
19 janvier 2026
Date de dernière modification de la notice
21 janvier 2026
Mentions légales
© Monuments historiques. Cette notice reprend intégralement les termes de l’arrêté de protection au titre des Monuments historiques. Elle répond à l’obligation réglementaire du ministère de la Culture d’établir la liste générale des édifices protégés (art. R. 621-80 du Code du patrimoine). Elle est donc opposable et fait foi juridiquement. Aucune copie numérique ou papier ne sera fournie par courrier ni courriel. Le dossier de protection complet et l’arrêté sont consultables uniquement sur place, dans la salle de lecture de la Médiathèque du patrimoine et de la photographie (MPP), à Charenton-le-Pont (Val-de-Marne).
Désignation de l'édifice
Titre courant
Sanctuaire de la Sainte-Baume
Appellation d'usage
Chapelle du Saint-Pilon ; Grotte de la Sainte-Baume ; Grotte de Marie-Madeleine
Producteur
Monuments historiques
Dénomination de l'édifice
chapelle ; grotte ; escalier
Localisation au moment de la protection ou de l'étude
Localisation
Provence-Alpes-Côte d’Azur ; Var (83) ; Plan-d’Aups-Sainte-Baume ; Riboux ; route de Nans (RD 80)
Adresse de l'édifice
Nans (route-de) (RD 80)
Références cadastrales
2025 Plan-d’Aups-Sainte-Baume B 50, 51 ; 2025 Riboux A 11
Historique de l'édifice
Siècle de campagne principale de construction
Description historique
La tradition provençale veut que Marie-Madeleine ait débarqué en Provence avec ses compagnons. Ensemble, ils auraient évangélisé la Provence en se répartissant le territoire (Lazare à Marseille, Marthe au Nord et Maximin à Aix). Marie- Madeleine aurait accompagné Maximin à Aix avant de se retirer durant les 30 dernières années de sa vie dans la solitude d'une grotte inaccessible dans le massif de la Sainte-Baume. Portée quotidiennement par une nuée d'ange, elle aurait reçu la nourriture céleste sur le sommet de la barre rocheuse à l'emplacement qui devient plus tard le saint Pilon. A son décès, elle aurait été ensevelie par Maximin à l'endroit où est fondée par la suite la basilique de Saint-Maximin. Ce récit des premiers temps de la chrétienté est communément admis au Moyen Age durant lequel un pèlerinage se serait développé à partir du Ve siècle avec l'installation de la communauté cassianite. La basilique de Saint-Maximin - lieu de sépulture - est dès l'origine indissociable de la grotte de la Sainte-Baume - lieu de retraite spirituelle. Le pèlerinage part de la basilique pour joindre la grotte et aboutir au saint Pilon. En 1279, Charles II, comte de Provence, redécouvre les reliques, qui avait été dissimulées depuis le VIIIe siècle, et donne un nouveau souffle au pèlerinage. Il tisse un lien indéfectible entre le pouvoir et le sanctuaire. Le pape installe dans la foulée la communauté dominicaine comme gardienne du sanctuaire. Le pèlerinage est alors devenu l'un des plus populaires d'occident. Les bâtiments permettant aux moines l'accueil des pèlerins se développent de part et d'autre de la grotte. Une grille de fer protège le cœur du sanctuaire des dégradations occasionnées par la masse des visiteurs. A la suite de saint Louis, la plupart des rois de France réalise le pèlerinage de même que de nombreux papes. Louis XI s'intéresse au sanctuaire dans un contexte de rattachement de la Provence au royaume de France. Il signale sa présence en faisant construire un ciborium au-dessus de l'autel du chœur. François Ier, à sa suite, finance le portail d'entrée. Les rois de France jusqu'à Louis XIV continuent à protéger le sanctuaire en s'y rendant et en finançant ses restaurations. Le XVIIe siècle constitue l'apogée du pèlerinage. Les bâtiments annexes à la grotte sont à leur expansion maximale (plusieurs étages de part et d'autre de la grotte). Les dons et fondations irriguent le sanctuaire de la grotte (le duc de Lesdiguières permet la construction d'un nouveau maître-autel en 1646) jusqu'à la chapelle du Saint-Pilon qui est redécorée en 1618 puis en 1686.
La Révolution française puis les Cent jours détruisent quasiment intégralement le sanctuaire. La Restauration opère une première réhabilitation des lieux en 1822. Un nouvel aménagement intérieur et un nouveau portail sont réalisés avec l'aide financière de Louis XVIII. Le presbytère est reconstruit afin de permettre un accueil des pèlerins. Au milieu du siècle, le père Lacordaire restaure une communauté dominicaine à Saint-Maximin et à la Sainte-Baume. A sa suite, le père Cormier porte un projet de restauration du sanctuaire qu'il confie à Gonzague Grinda. Dans un esprit néo roman, l'intérieur de la grotte est intégralement réaménagé entre 1866 et 1870. Dans la foulée, le bâtiment du presbytère est largement remanié pour loger les frères. Avant 1877, le bâtiment d'accueil des pèlerins est relevé. En 1913-14, le père Vayssière lance le projet de reconstruction de l'escalier d'accès qui est pensé comme un chemin de croix aboutissant à un calvaire puis à la terrasse du sanctuaire. Dans l'entre-deux guerres, le couvent des frères est étendu vers l'Ouest.
Au lendemain de la seconde guerre mondiale, Edouard Trouin convainc le Corbusier d'entreprendre un projet colossal de basilique du pardon et de la paix aux proportions de cathédrale souterraine, accompagnée de la construction de logements permanents à proximité. Devant l'opposition du clergé le projet n'est pas réalisé. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, le couvent des frères ou presbytère est surélevé puis prolongé vers l'Ouest.